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PECHE, MAL, PARDON...

Rassemblement 2000 des jeunes de la Province Nord

Notre Dieu est un Dieu d'amour, pour qui chacun de nous a un prix immense. Avec beaucoup de délicatesse, de discrétion, de patience il accompagne notre croissance. Il est à la fois très présent et très discret, parce que très aimant. Ce n'est pas un Dieu "qui retient tout" : mais, comme le font ceux qui nous aiment, il sait "oublier", il sait "ne pas voir" lui qui sait tout, lui qui nous aime tellement plus que ceux qui disent nous aimer.

Il est débordant de joie à chacune de nos victoires, aussi infimes soient-elles, oublieux de tout pour ne plus vibrer que de notre victoire.

Mais s'il vibre à tout ce qui nous arrive de bien, il est aussi, comme tous ceux qui nous aiment, touché au plus intime de lui-même par tout ce qui nous arrive de mal.

Le péché n'est pas tant "une offense" à Dieu qu'une souffrance pour lui qui "a mal pour nous".

Est-il permis de...

"Est-il permis ou non de renvoyer sa femme ?" Mc 10, 2-16

"Est-il permis ou non de payer l'impôt à César ?" Mc 1, 34

"Est-il permis de faire une guérison le jour du Sabbat ?" Lc, 3

"Est-ce que c'est un péché de coucher avec quelqu'un quand il est d'accord ?" ... ( Bondé )

Jésus n'aime pas ces questions
car il ne raisonne pas en termes de" permis" et de "défendu".
Sur terre, la loi réglemente le permis et le défendu : il n'est pas question pour nous de rester comme des gosses, enfermés dans ces catégories ! Il nous faut chercher ce que Dieu attend de nous, quel chemin il aimerait nous voir prendre. Là est tout le passage de l'ancienne alliance, basée sur la Loi, à la nouvelle Alliance, basée sur l'Esprit... et beaucoup répugnent à faire ce saut ! " Vous avez rompu avec le Christ, si vous placez votre justice dans la loi ; vous êtes privés de la grâce de Dieu " Gal 5, 4. D'esclave de la loi, il nous faut devenir "fils de Dieu" afin d'avoir part aux biens qu'il réserve à ses fils Gal. 4

Pour Jésus, il faut se poser d'autres questions que "est-ce que c'est permis de...?" :
est-ce que c'est juste ? est-ce que c'est une bonne chose, est-ce vraiment une bonne chose ?

Est-ce vraiment une bonne chose, c'est-à-dire "quand on y réfléchit bien", quand on voit le problème dans toute sa dimension. Et à vrai dire on sait ce qui est vraiment bon et on sait ce qui est mauvais, mais le Malin a l'art de tout embrouiller dans notre tête lorsqu'on est soi-même affronté à une tentation.

Le roi David, quand il a vu une femme très belle en train de se baigner, a complètement pété les plombs. Même quand on lui a dit que c'était la femme d'Urie, un général important de son armée ( 2 Samuel 11 ). Il est entré en plein délire. Il faudra que le prophète Natan l'amène à réfléchir sur un cas, où il n'est pas concerné, pour qu'il prenne conscience de sa faute. On sait ce qui est bien et ce qui est mal, mais quelque fois tout se brouille dans notre tête.

On sait ce qui est bon et ce qui ne l'est pas, mais ça ne veut pas dire qu'on va faire ce qui est bon et éviter ce qui est mal ! "Le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais... Au plus profond de moi-même, je prends plaisir à la loi de Dieu. Mais, dans tout mon corps, je découvre une autre loi, qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché qui est dans mon corps" ( Rm 7, 19. 22-23 )

Mais qui donc a décidé que ceci était bon ou que cela ne l'était pas ?

On se dit qu'on sait bien, nous, ce qui est bon pour nous, et ce qui ne l'est pas ! On n'aime pas que, de l'extérieur, quelqu'un vienne nous imposer ou nous interdire quelque chose...

En fait, la faute "d'Adam et d'Eve" a été de n'accepter aucun interdit, aucune limite à la liberté.

Il y a des choses qui nous attirent, mais sont-elles bonnes pour nous ?

Personne ne décide "arbitrairement" que certaines choses seraient bonnes ou ne le seraient pas. Pas plus l'Eglise, que l'Etat ou les parents. C'est l'expérience et la réflexion qui font dire certaines choses bonnes, d'autres dangereuses.

Quand on est jeune on n'a pas l'expérience de la vie et, face à un interdit, comme Adam et Eve on a souvent l'impression qu'on veut nous empêcher de vivre, que ceux qui mettent des limites à notre liberté sont des jaloux, des pisse-vinaigre. Et c'est presque un devoir pour nous que de braver ces interdits, "au nom de la vie" pense-t-on...

On pense souvent que Dieu est à la base des interdits. C'est faux. Les commandements de Dieu, par exemple ne sont pas à l'impératif, ce qui impliquerait un ordre ou une interdiction formelle : ils sont au ...futur. Qui dit futur dit "à-venir". Dieu montre un chemin, une direction, un horizon : il ne ferme pas des portes !

"Si tu veux que ce désir de vie et de bonheur que tu portes en toi se réalises, tu ne ... pas".

Ou "Je veux la vie et le bonheur pour toi, aussi tu ne ... pas".

Les interdits, ce sont les hommes qui les mettent. Les juifs avaient multiplié les devoirs et les interdictions : 365 interdictions, 248 devoirs. Quand on lui demande quel est le grand commandement, Jésus répond : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces, et ton prochain comme toi-même" ! Il ne ferme pas de portes : il les ouvre tout grand au contraire !

Pourquoi tous ces devoirs et tous ces interdits dans lesquels nos vies semblent comme "en cage" ?

   -     Il est plus facile d'interdire que de discuter et d'accompagner une prise de conscience : les parents et tous ceux qui s'occupent de jeunes le savent bien !
            -    Nous les réclamons nous-mêmes pour ne pas avoir à nous donner la peine de réfléchir ! Etre responsabilisé n'est pas de tout repos.
            -    et pour avoir la joie de la transgression ! Transgresser un interdit met un peu de piment dans la vie, sinon elle est vraiment trop fade !

Dieu n'est donc pas celui qui met des interdits, mais celui qui montre un chemin. Il sait très bien que non seulement nous aurons envie, mais que nous avons besoin d'essayer d'autres chemins. Ce besoin d'expérimenter fait un peu partie de la nature humaine, surtout à la période de l'adolescence. La parabole du père de l'enfant prodigue nous révèle la conduite de Dieu dans ces moments-là.

Rôle de la Loi dans l'éducation

Au début de la vie, la loi, les devoirs et interdictions inculqués par les parents, donnent la première connaissance de ce qui est bien et de ce qui ne l'est pas à celui qui n'a ni l'expérience pour en juger, ni la réflexion pour entrevoir les conséquences de ses actes.

Mais quand on passe de l'enfance à la vie adulte, chacun va se resituer par rapport à ce qui lui était jusqu'alors imposé. Il ne va plus faire quelque chose parce que ça lui est demandé mais parce qu'il a décidé, au fond de lui-même, que c'est ce qu'il devait faire.

Le chrétien ne peut pas se contenter de "suivre la loi"... obéir à certaines règles c'est ce qu'on demande aux serviteurs et aux petits enfants, au départ. Après on exigera des enfants qu'ils ne se contentent pas de suivre bêtement ce qu'on a dit, de faire preuve d'intelligence, d'initiative, de coeur...
 Eph. 4, 13-16      "Nous deviendrons des adultes dont le développement atteindra à la stature parfaite du Christ. Alors, nous ne serons plus des enfants, emportés par les vagues et poussés ça et là par n'importe quel vent d'enseignement répandu par des hommes trompeurs, qui entraînent les autres dans l'erreur par les ruses qu'ils inventent. Au contraire, en proclamant la vérité avec amour, nous grandirons en tout vers le Christ, qui est la tête."

Quelle était donc la raison d'être de la Loi dans le dessein de salut ? La loi donne la connaissance du péché (Rm 7,7s), pas le pouvoir de s'y soustraire : les juifs, qui la possèdent sont pécheurs au même titre que les païens (Rm 2, 17-24; 3, 9-20). Pédagogue et tuteur du peuple de Dieu en état d'enfance (Ga 3, 23-24; 4, 1-5), la loi lui faisait désirer une justice impossible, pour lui faire mieux comprendre son besoin absolu de l'unique sauveur.
         Une fois ce Sauveur venu, le peuple de Dieu n'est plus soumis au Pédagogue (Ga 3, 25). Libérant l'homme du péché (Rm 6, 1-19), le Christ le libère aussi de la tutelle de la Loi (Rm 7, 1-6). Alors que sous le régime de la Loi la conscience humaine était prisonnière du péché (Rm 7, 14-25), sous celui de la foi, l'homme arrive au salut (Rm 10, 5-13).

Cela veut-il dire qu'il n'y a plus de règle de conduite concrète pour ceux qui croient au Christ ? Non ! S'il est vrai que les règles juridiques et cultuelles relatives aux institutions d'Israël sont périmées, l'idéal moral des commandements subsiste, résumé dans le précepte de l'amour qui est l'accomplissement et la plénitude de la Loi (Rm 13, 8-10).

Lorsque c'est "la loi" qui règle une vie, ça entraîne souvent le jugement, la dureté à l'égard des autres, l'hypocrisie, l'orgueil, le désespoir ... alors que la foi entraîne la miséricorde, l'humilité, l'espérance.

Péché - mal - faute...

A la suite du dernier rassemblement de Bondé j'avais réagi, trouvant qu'on parlait trop facilement de "péché" dans les carrefours concernant la sexualité...

A la notion de péché est liée celle de "condamnation par Dieu. Tout acte doit toujours être vu à l'intérieur d'un contexte, d'une histoire, d'une évolution, d'une histoire d'amour entre Dieu et sa créature, d'une prise de conscience... Dieu ne nous a pas placé dans un monde peuplé d'interdits, mais un monde habité d'appels. Appel à avancer, à être plus clair, à être plus responsable, à être plus délicat, à être plus respectueux...

Il y a péché - et on se coupe plus ou moins de la grâce de Dieu - "quand on fait quelque chose de mauvais en toute connaissance de cause et en toute liberté". Redécouvrir Dieu non pas comme quelqu'un qui "déciderait arbitrairement" de ce qui serait bien ou mal, mais qui "amènerait à découvrir" ce qui est bien ou mal, accompagnant - toujours émerveillé - une croissance. Il nous aide à lever les ambiguïtés qui peuvent traîner dans tel ou tel de nos comportements parce que nous sommes des fils de la lumière et que nous ne pouvons pas goûter au bonheur dans l'ambiguïté...

Redécouvrir Dieu comme celui qui "lève les pièges", aide à voir les dangers qui menacent : un "Père-mère", pas un Dieu étranger qui aimerait à faire sentir son pouvoir en mettant des interdits !

Il y a d'autres mots qui seraient plus justes que "péché" dans bien des cas : malhonnêteté, légèreté, inconscience, erreur, irresponsabilité, injustice, faute...

            Mais ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a des choses qui ne sont pas des péchés, au sens strict du terme, mais qui sont graves, très graves. Il y a des fautes qui ne sont pas des péchés mais pour lesquelles nous avons à demander pardon à Dieu. J'ai conduit en état d'ivresse et fait un accident, j'ai entraîné un copain dans la drogue, j'ai fait un gosse à une fille...

             En fait, nous faisons très rarement des péchés mais nous faisons souvent des choses très graves. C'est pour cela qu'il faut arrêter de demander "est-ce que ça c'est un péché ?" mais voir si c'est quelque chose de bien, de vraiment bien, pour moi et pour les autres. Et c'est l'Esprit de Dieu qui peut m'aider à voir clair sur ce que je fais.

             Si je veux pouvoir avancer dans la vie, je dois m'habituer à faire chaque jour un examen de conscience : me demander ( en demandant à Dieu de m'éclairer ) si j'ai fait vraiment ce que je devais faire, ce qu'il était en droit d'attendre de moi. Ce n'est pas "cocher un listing", mais descendre au plus profond de moi-même et voir si je puis être fier de moi.

             Dépasser pour cela le "jugement extérieur". Ce n'est pas parce que des choses sont couramment admises qu'elles sont justes et bonnes. Se mettre à l'écoute de "l'hôte intérieur" qui est là pour me conduire à la pleine stature d'homme adulte dans le Christ.

Comme ligne de conduite, on peut lire "La vie nouvelle dans le Christ" ( Eph. 4, 17-32 ), ainsi que "Vivre dans la lumière" ( Eph. 5, 1-20 ... et la suite ! ).

Bonne conscience

Avoir bonne conscience n'est pas forcément un bon signe ! Beaucoup de gens ne voient rien à se reprocher. On le voit parfois au moment des confessions où certains ne voient rien à dire ! C'est souvent dû à un jugement moral peu élaboré sur soi-même.

Ce n'est pas parce que je ne vois rien à me reprocher que je suis sans reproche ! Ce sont souvent les plus proches de Dieu qui se reprochent le plus de manquements, alors que ceux qui en sont loin ne voient rien à se reprocher !

Pour que je puisse effectivement progresser, je dois affiner mon jugement moral. Apprendre à me voir dans la lumière de Dieu. Et, à cette lumière, je vois toute la route qu'il reste à faire pour devenir vraiment ce que je suis appelé à être. Cette lumière n'est pas le projecteur des forces de l'ordre braqué sur le malfaiteur, lumière qui paralyse : c'est la lumière secourable qui éclaire la route que je suis invité à prendre.

Mauvaise conscience et culpabilité

 Le sentiment de culpabilité est le sentiment d'être en faute. Ce sentiment s'accompagne d'une dévalorisation de soi-même et d'une sorte de honte. Une culpabilité qui ronge, met mal à l'aise et paralyse n'est pas un sentiment positif ! Si les gens prennent plaisir à culpabiliser, Jésus jamais ! Au contraire il libère les gens en leur permettant de reconnaître et d'assumer leurs erreurs : il a fait dégringoler Zachée de son arbre, courir lui ouvrir les portes de sa maison et rendre 4 fois ce qu'il avait volé !

Le repentir est fécond, le remords est stérile.

Appelés à être saints... les saints du 3ème millénaire !

Pas "des petits saints" ! mais des êtres qui cherchent du côté de Dieu la lumière pour la route, qui reconnaissent et assument leurs difficultés, s'appuyant au quotidien sur sa fidélité pour tenir lorsque les vents sont contraires, et se relever.

Un choix pour soi, mais aussi pour les autres. Nous avons tous, comme Paul, conscience de notre fragilité, et nous avons besoin les uns des autres dans ce combat pour "la beauté. Je puis être le plus misérable des hommes, si d'une façon ou d'une autre, même sans que j'en aie eu conscience, à un moment ou un autre de ma vie, j'ai pu aider quelqu'un à "grandir", ma vie trouve là tout son sens.

Comment se protéger du mal, du péché ?

En ayant bien conscience que ce n'est pas une simple infraction à un quelconque code imposé, mais que c'est quelque chose qui retient l'homme dans son élan vital. Le péché est destructeur de la personne humaine, chacune étant unique, inestimable...

A la reconnaissance de ma faiblesse doit être toujours liée la foi en l'amour fou de Dieu, qui n'est pas venu pour juger ou condamner, mais accompagner et relever. S'il peut m'arriver de ne plus m'aimer, d'être parfois même dégoûté de moi, que je sache bien que c'est un regard d'amour, de tendresse que Dieu pose sur moi à ce moment même. La contrition est ce retournement du coeur devant le pardon gratuit de Dieu.

L'aveu de sa faute est un élément essentiel du processus de libération. Dire à quelqu'un, et quelqu'un qui a entendu ! Le but de l'aveu n'est pas de soulager sa conscience mais de se jeter dans les bras du Père pour renaître de sa miséricorde. Confesser son péché, ses erreurs, permet de se clarifier d'abord à soi-même sa part de responsabilité. Par l'aveu je montre que je ne veux pas être identifié à cette action : je me suis peut-être conduit comme un salaud, mais je ne suis pas un salaud.

Mettre son péché à la lumière, c'est déjà l'expulser de soi. C'est m'arracher au pouvoir de celui qui est le Prince des ténèbres. Par la confession de mes fautes je permet au prêtre, au nom de Jésus Christ, de me conseiller pour affermir ma victoire, pour me permettre d'avancer sur un chemin de liberté.

La contrition, l'aveu ne suffisent pas. Il faut que je prenne les moyens pour ne plus recommencer, et que, dans la mesure du possible je travaille à la réparation des torts commis...

Ces quatre éléments contribuent, chacun pour sa part, et ensemble, à la libération du péché.

Sexualité et péché

Souvent les gens lient "péché" et "sexualité". Au point que des personnes âgées viennent se confesser en disant : " Je n'ai pas grand chose à dire, je n'ai plus l'âge de faire des péchés"...

La sexualité est à la fois une force attirante et inquiétante car on se sent tout petit devant elle. Souvent elle nous domine et ça fait un peu peur. C'est comme un cheval fougueux dont on a peine à devenir maître : on se retrouve souvent à terre ! Force un peu inquiétante aussi parce que c'est un domaine couvert par bien des tabous. C'est à la fois quelque chose qui envahit tout le champ de la conscience ( on ne pense qu'à ça ! ) et pourtant un sujet dont on parle peu. Les adultes n'aiment pas en parler car ils ne se sentent pas en position de donner des leçons : ils se sentent tout petits devant cette monture indomptée.

Effectivement, il y a quelque chose de tabou, de sacré dans la sexualité, parce que c'est par là qu'est donnée la vie à un nouveau petit humain ! Mais par "tabou", ne pas voir "interdit", mais "grand", "divin"... donc à manier avec un infini respect, beaucoup de pudeur et de sens des responsabilités.

On entend parfois dire "C'est mon corps, je fais ce que je veux"... Dans le cas d'un avortement, il ne s'agit pas que de "mon corps" ! Mais même en dehors de ce cas, ma vie, mon corps sont des cadeaux qui m'ont été fait "en vue des autres", ils ne m'ont pas été donné pour que j'en fasse ce que bon me semble.

Penser aussi au traumatisme des paternités non assumées. La copine qu'on a mise enceinte, mais aussi l'enfant qui sera marqué à vie.

L'exercice de la sexualité peut être parfois une simple occasion de se procurer un peu de bon temps, de plaisir, et par là être marqué d'une certaine forme d'égoïsme. Ce peut être aussi un extraordinaire moyen de témoigner de la tendresse, du réconfort... mais il faut assurer sur la durée et ça demande beaucoup d'abnégation, de renoncement à soi-même !

Il n'y a pas que le sexe !

Chaque fois que l'homme se refuse au service de la vie et de son développement, au contraire il détruit la vie et se met donc au service de la mort.

Exiger ses droits, sans égard pour autrui, ne s'occupant que de ses propres affaires, s'enrichir aux dépens d'autrui en disposant de son prochain et en l'exploitant, tromper les autres qui sont de bonne foi en exploitant leurs besoins, se refuser individuellement et comme membre de la communauté aux tâches de l'avenir, dans le mariage suivre son propre chemin en laissant tomber son partenaire pour un autre, trahir la fidélité promise, mais aussi des parents qui ne veulent pas permettre à leurs enfants de vivre leur vie propre, mais ne songent égoïstement qu'à recevoir des témoignages d'amour... Le mal et le péché produisent la souffrance, détruisent la vie, enfantent la mort.

Il ne suffit pas de chercher le mal uniquement dans les personnes sans remarquer en même temps que le mal peut devenir une institution dans maintes formes figées d'une société établie, d'un système économique déterminé où les riches ne cessent de s'enrichir et les pauvres de s'appauvrir.

Quand l'être humain vient au monde, il est conditionné par le péché. Nous naissons dans une société où règnent l'égoïsme, les préjugés, l'injustice, le mensonge. Cela ne nous influence pas seulement à la manière d'un mauvais exemple qui vient de l'extérieur, mais détermine notre réalité profonde. Il y a une solidarité universelle dans le péché, dont personne sinon le Christ, ne peut se dégager. Là où le péché abonde, la grâce du Christ surabonde...

Sacrement de réconciliation

Avec Dieu, avec soi-même, avec les autres...

Dieu me réconcilie avec moi-même et, réconcilié avec moi-même je peux me réconcilier avec les autres.

Je ne vais pas demander pardon à Dieu "parce que je l'ai offensé" mais parce que "je lui ai fait mal" quelque part ( quand on aime beaucoup, on souffre beaucoup... ). La confession, c'est donner à Dieu la joie de nous serrer dans ses bras et de nous dire combien il nous aime.

Notre péché ne nous "dévalorise pas" aux yeux de Dieu : il est toujours fier de nous appeler et de nous présenter comme "ses enfants"
 Lc 15, 20s     "Tandis qu'il était encore assez loin de la maison, son père le vit et en eut profondément pitié : il courut à sa rencontre, le serra contre lui et l'embrassa". "Le fils lui dit alors : "Mon père, j'ai péché contre Dieu et contre toi, je ne suis plus digne que tu me regardes comme ton fils." Mais le Père dit à ses serviteurs : "Dépêchez-vous d'apporter la plus belle robe... car mon fils que voici était mort..."

Il y a plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de conversion.

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