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La Parole de Dieu dans les A.D.A.P.
Toute Eucharistie est composée de deux tables, on s'y nourrit :
Ces deux tables sont indissociables : même quand on apporte la communion à un malade il y a une liturgie de la Parole.
Dans les ADAP où il ne peut y avoir la communion sacramentelle, il est tout particulièrement important de veiller à l'accueil de la Parole de Dieu qui pourra favoriser les conditions d'une véritable communion spirituelle.
L'important n'est pas "d'avoir fait les lectures", mais qu'à travers elles Dieu ait pu "nous nourrir".
La liturgie propose trois lectures, plus un psaume.
La première démarche doit être le souci de la communauté : que prendre comme lectures ? Toutes ? Il faut que cette rencontre avec Dieu, à travers sa parole, soit la plus profitable possible.
Le choix est difficile :
Pas question cependant de faire "des effets de voix", d'y mettre "de l'émotion". Faire plutôt une lecture intériorisée : devant tous, je fais la lecture "pour moi" plutôt que "la proclamer". Une lecture lente, avec des temps de silence pour laisser à la parole le temps de descendre dans le coeur, d'y faire naître des sentiments... car c'est le coeur que Dieu veut toucher, pas l'intellect. L'intelligence aura son rôle à jouer, après, quand il me faudra voir que faire pour que cette parole ne reste pas, "feu de paille", dans ma vie. Les temps de silence ne doivent être que "des pauses" dans la voix, pas des temps de méditation : le temps de méditation viendra plus tard.
Si une lecture est bien faite, elle devrait pouvoir se passer de commentaire !
Selon la taille de l'assemblée on peut envisager - si c'est une lecture méditée qu'on fait - que le lecteur reste à sa place, même assis. Même pour l'évangile.
Avant de faire un choix à ce niveau, et pour pouvoir être à même de faire un choix valide, je dois d'abord accueillir moi-même cette parole de Dieu, la laisser m'interroger, lui laisser faire son travail en moi : ça ne peut se faire par une lecture rapide, une "analyse de texte" intellectuelle. C'est "avec le temps" que Dieu fait son travail, que sa lumière petit à petit chasse la pénombre de mon intelligence, de ma vie : c'est dès le début de la semaine que je dois me confronter avec la Parole de Dieu que je suis chargé de proclamer.
Petit à petit la Parole va me pénétrer. Un texte qui ne me disait rien au départ va plus tard se révéler porteur d'un message : appel, interpellation, révélation... Ce n'est plus un texte "neutre" : quelque part, il m'aura enrichi. Et c'est cette richesse que je vais partager.
Je dois commencer par me laisser interpeller par l'Evangile : c'est la lecture la plus importante. C'est aussi la dernière lecture que la communauté aura entendue, celle qui lui restera en mémoire et à partir de laquelle devra commencer "le partage". Je peux faire des aller-retour entre l'Evangile et la première lecture pour mieux comprendre quel est le message central de l'évangile et ne pas rester accroché à un aspect secondaire, un détail.
Temps d'approfondissement de la Parole
La disposition des gens dans la chapelle va influer sur le style de partage qu'il pourra y avoir après les lectures. On peut donc prévoir un type de disposition en fonction du type d'échange qu'on veut pouvoir réaliser.
Pendant le temps du partage je peux commencer par dire en quoi ce texte m'a touché, quelles pensées ou quels sentiments il a fait naître en moi. Deux façons de le faire :
Ma façon de m'exprimer, lentement, avec des temps de silence, pourra en amener d'autres à intervenir aussi. Ne pas avoir peur du silence : c'est le temps du travail de l'Esprit. Il pourra très bien n'y avoir personne qui prenne la parole après moi : ce ne sera pas pour autant "mauvais signe" !
On peut envisager aussi une autre forme de partage, chacun, quand il le veut, reprenant quelques mots de la lecture qui font "tilt" en lui (mais pour cela il faut avoir les lectures sous les yeux). Les mêmes mots, les mêmes passages peuvent être repris par plusieurs : ça ne fait qu'accentuer l'importance qu'ont eu ces passages dans le coeur de ceux qui les ont reçus.
Enfin, la Parole de Dieu peut trouver un prolongement à travers les intentions de la prière universelle, ce que nous avons entendu faisant naître en nous des intentions de prière. La prière n'est plus alors une construction artificielle mais quelque chose de vrai, né de la rencontre avec Dieu à travers sa Parole.
Si on confie telle ou telle lecture à faire à quelqu'un, il serait profitable de la lui confier au début de la semaine afin qu'en famille, pendant la prière on se retrouve autour de cette Parole, on se laisse toucher par elle. Lorsqu'elle sera lue, le dimanche, elle résonnera différemment
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