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L'ESPRIT DE LA LITURGIE
A la Messe, tous les fidèles présents célèbrent, c'est ensemble avec le prêtre que les fidèles offrent la victime sans tâche et s'offrent eux-mêmes.
"Liturgie" vient d'un mot grec qui veut dire "Fonction publique" !
NOUS DEVONS RESPECTER LA LITURGIE
La liturgie peut être comparée à une partition de musique.
La musique imprimée sur la partition n'appartient pas au musicien qui l'interprète. Il n'en est pas le compositeur.
Ainsi, la liturgie n'appartient pas à ceux qui la célèbrent : elle appartient à l'Eglise. Les animateurs vont s'efforcer d'interpréter correctement et fidèlement, selon les intentions de l'Eglise, la "partition liturgique" qu'elle leur confie.
LA LITURGIE : UNE SYMPHONIE
La liturgie n'est pas l'affaire d'un seul interprète mais de plusieurs. C'est comme une symphonie où chaque instrumentiste contribue à la construction de l'ouvre. "Il faut que tout cela serve à l'édification commune" (1 Co 14, 26). Et ce qu'il s'agit d'édifier à la messe, c'est "le Corps du Christ" (Eph 4, 11-12).
Il est bon d'avoir plusieurs équipes liturgiques pour mettre le plus de chrétiens possible en situation de responsabilité. Si le prêtre qui devra célébrer n'est pas présent à la réunion de préparation, le responsable lui fera connaître les propositions faites pour la célébration.
CADRE GENERAL DU CHOIX DES CHANTS
PREPARATION DE LA CELEBRATION
La réunion de préparation n'est le lieu, ni de la répétition des lecteurs, ni de la composition des textes. Composer les quatre intentions de la P.U., à cinq ou six personnes, demande trop de temps. L'équipe réfléchit à partir des lectures bibliques et des évènements mondiaux et locaux, et quelqu'un est désigné pour rédiger seul la prière découlant de ces réflexions. De même pour la préparation pénitentielle ou les annonces.
Le choix des chants : le célébrant à besoin de connaître les chants choisis afin de préparer ses interventions, particulièrement au début de la célébration où se fait la prise de contact et où l'on doit sentir que tous les participants n'ont qu'une seule âme et un seul coeur.
Il ne suffit pas qu'un chant soit aimé et marche bien pour en faire un chant liturgique : il doit exprimer la foi de l'Eglise pour un moment précis de la célébration et pas seulement de pieux sentiments. Il ne suffit pas qu'un chant soit nouveau pour qu'il soit bon, de même le fait qu'il soit ancien ne le rend pas mauvais !
L'année liturgique doit être balisée par un certain nombre de chants d'une solidité liturgique à toute épreuve que l'on retrouvera chaque année. C'est important pour les pratiquants épisodiques.
Le commun (Seigneur, prends pitié ; Gloire à Dieu ; Sanctus ; Anamnèse ; Agneau de Dieu...) doivent présenter un certain caractère de stabilité : par exemple, on n'en change pas durant tout un temps liturgique. Ils doivent, d'autre part, éviter à tout prix d'apparaître comme des chansons à couplets-refrain. Si les quelques dix chants de la messe étaient tous des chansons, cela casserait complètement le rythme de la célébration en l'aplatissant par l'uniformisation.
Il n'y a que trois cantiques à la messe : entrée, communion, envoi.
Les autres chants sont du genre grande hymne continue (Gloire à Dieu, Sanctus), ou du genre bref refrain litanique (préparation pénitentielle, PU, Agneau de Dieu). L'Alléluia et l'anamnèse sont de brèves acclamations, et le psaume est un récitatif avec antienne.
LITURGIE : DOMAINE DE L' ACTION et NON DU DISCOURS
Fuir "la parole explicative". Par exemple, à la veillée pascale, on n'explique pas que l'on fait un feu pour y allumer le cierge pascal qui symbolisera le Christ ressuscité... Non ! on fait du feu, on prend un cierge qu'on y allume et l'on chante :"Christ est lumière !"
Le secret d'une bonne célébration est le calme...
Être calme, c'est ne rien faire avec précipitation : faire calmement un déplacement, un signe de croix ; élever les mains calmement pour une oraison après un instant de silence ; prendre calmement la patène et le calice au "Par lui, avec lui..."
Être calme, c'est ne jamais faire deux choses à la fois : ne pas chercher la page de la Préface en disant :"Elevons notre coeur" ; ne pas faire signe aux enfants de choeur de le suivre en ayant le ciboire dans les mains...
Il est indispensable, pour que l'assemblée s'approprie la prière qui est dite en son nom, que, non seulement les mots, mais le ton avec lequel ils sont dits, soient de la prière, et non des discours, ou de l'information. Il est indispensable que l'assemblée sente, entende, que le président parle à Dieu et non à elle. Une diction plus soutenue et plus calme, avec les coupes et les pauses qui permettent à la parole dite de parvenir, non seulement aux oreilles, mais à l'intelligence et au coeur de l'auditeur, favoriseront beaucoup le climat de prière communautaire. sans oublier le silence qui doit précéder les mots !
LE LECTEUR
Le lecteur prête sa voix à Dieu ! Selon sa façon de lire, le message que Dieu veut adresser à son peuple passera ou pas... la rencontre de Dieu avec son peuple aura lieu ou pas.
Le lecteur doit pouvoir s'être préparé spirituellement. Avoir non seulement lu, mais médité, le texte auparavant. Si celui-ci n'a rien "éveillé" en lui on sentira dans sa façon de lire qu'il n'a rien trouvé d'intéressant là-dedans, qu'il n'a aucune découverte à faire partager.
Quand on lui confie une lecture à faire, le lecteur doit toujours se demander :"Seigneur, que veux-tu me dire à travers ce texte ? quel message veut-tu me faire passer ? que veux-tu me révéler de toi ?". Ce n'est qu'après s'être laissé "émouvoir" par cette parole qu'il pourra en faire profiter fructueusement les autres.
Chaque lecture réclame un lecteur différent et une préparation qui lui soit propre.
S'il y a un lectionnaire, pour la noblesse de ce qui se vit, éviter de prendre un petit livret pour faire la lecture. La typographie du lectionnaire facilite d'ailleurs la lecture en public. .
LES SERVANTS DE MESSE
C'est une habitude prise maintenant et autorisée que des filles servent la messe. mais veiller à ce qu'il n'y ait pas que des filles car les garçons pourraient penser que ce n'est pas leur affaire !
Pour l'apport des offrandes à la préparation des dons, ce sont les fidèles adultes qui apportent le pain et le vin, mais ils peuvent être accompagnés de servants qui portent des cierges d'autel, l'encens s'il y en a, l'eau, voire un petit bouquet pour l'autel. L'apport des offrandes par l'assemblée est liturgiquement très importante car elle marque bien que ce n'est pas "le prêtre" qui offre le saint Sacrifice, mais toute l'assemblée.
LES GRANDS RYTHMES DE LA MESSE
S'il est indispensable que les différents acteurs de la liturgie fassent bien leur travail, chacun doit se rendre compte qu'il est au service d'un tout qui a son rythme particulier. Une procession des offrandes qui met trop de temps à se mettre en place, un retard dans le démarrage d'un chant peuvent casser toute la dynamique d'une célébration.
LA MESSE COMPORTE DEUX PARTIES
"La messe comporte deux parties : la liturgie de la parole et la liturgie eucharistique ; mais elles sont si étroitement liées qu'elles ne forment qu'un seul acte de culte. En effet la messe dresse la table aussi bien de la parole de Dieu que du corps du Seigneur, où les fidèles sont instruits et restaurés".
Deux tables, deux nourritures, donc deux lieux mais un seul acte de culte.
LES QUATRE MODES DE PRESENCE
"Dans la célébration de la messe, le Christ est réellement présent
LA MESSE : RENOUVELLEMENT DE L'ALLIANCE
La messe suit un déroulement type. Sauf le Kyrie qui n'a pas lieu dans la troisième proposition de préparation pénitentielle, et le Gloria qui n'est pas chanté à l'Avent et en Carême, la succession des séquences est invariable.
Pourquoi ne peut-on changer l'ordre de ces séquences ou les intervertir ou supprimer ou rajouter telle ou telle autre ? La messe a son berceau dans la célébration de l'Alliance du Sinaï, avec Moïse, 13 siècles avant J.C.
En Exode 24, dans l'Alliance du Sinaï, on trouve :
La messe aussi
L'animation liturgique consiste à aider le peuple rassemblé à entrer dans ce grand mouvement d'Alliance. La proclamation de la parole de Dieu est un élément de la charte d'Alliance que Dieu propose à son peuple et qui réclame adhésion.
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LITURGIE DE LA PAROLE | |
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Dieu parle |
L'assemblée répond |
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Il n'est pas logique de déplacer une lecture, pour la mettre à la fin de la messe, par exemple. Elle resterait, bien sûr, parole de Dieu, mais perdrait son caractère de charte d'Alliance puisqu'elle viendrait après le signe sacramentel de cette Alliance : ce ne serait plus qu'une méditation.
Il ne serait pas normal de remplacer une (ou les) lectures bibliques par un texte non biblique, même religieux, et même pour les meilleures raisons pastorales du monde ( mariage, obsèques, messe de jeunes... ). Ce n'est ni avec Kalil Gilbran, ni avec Saint-Exupéry, ni même avec François d'Assise que les chrétiens rassemblés ont à faire alliance, mais avec Dieu! Un texte non-biblique peut, pour des raisons valables, avoir sa place dans une messe ou une célébration sacramentelle, mais pas dans la liturgie de la Parole.
L'importance de la Parole de Dieu pour le renouvellement de l'Alliance implique :
Le Psaume
Il est de sa nature d'être chanté. Il peut l'être par un soliste, un choeur, ou toute l'assemblée. L'antienne est chantée par l'assemblée. On ne le lira qu'en dernier recours, en maintenant le chant pour l'antienne de l'assemblée.
Si le psaume est lu, il doit l'être par un autre lecteur que celui qui a fait la première lecture, en raison du changement de genre littéraire qui, par ailleurs, réclame une préparation encore plus soignée puisqu'il est de genre poétique.
On n'a pas à remplacer le psaume qui est "Parole de Dieu" par un cantique, même bien fait.
L'Alléluia Il doit rester comme une sorte de cri musical plutôt que se répandre dans une longue mélodie qui épuise son caractère acclamatoire.
Le verset qu'il encadre ne revient pas à celui qui proclame l'Evangile. Il est chanté - ou proclamé, à la rigueur - par l'animateur ou le choeur.
L'homélie Elle se situe du côté de Dieu qui parle, mais aussi du côté de l'assemblée par la recherche de réponse à cette parole qu'elle propose.
La profession de foi Symbole, elle signe de reconnaissance.
Le "je crois" de chaque fidèle s'assemble à tous les "je crois" de chacun des membres de l'assemblée, et le "je crois" de l'assemblée rejoint les "je crois" de toutes les assemblées de l'Eglise universelle qui, ce dimanche, Jour du Seigneur, professent leur foi.
On ne doit pas remplacer le symbole de la foi par un chant qui n'est pas la profession solennelle de foi de l'Eglise.
La prière universelle
La P.U. prie pour des personnes et non pour des idées. Elle a pour but premier de nommer devant Dieu ceux pour lesquels on veut prier ( pas de "pour que... afin que...).
La prière universelle doit garder son caractère universel : ce n'est pas une prière "pour nous".
Les intentions seront habituellement
Il est évident que
LA LITURGIE EUCHARISTIQUE
La préparation des dons Ce terme convient mieux que celui d'offertoire. A la messe l'offrande est celle du sacrifice du Christ auquel se joint le nôtre.
"C'est un usage à recommander que de faire présenter le pain et le vin par les fidèles. La procession qui apporte les dons est accompagnée par le chant d'offertoire, qui se prolonge au moins jusqu'à ce le les dons aient été déposés sur l'autel."
La démarche de procession signifie bien que c'est toute l'assemblée qui célèbre l'Eucharistie : elle n'est pas spectatrice de quelque chose d'extérieur.
La prière eucharistique Si elle revient pour sa plus grande part au prêtre qui préside c'est pour signifier que cette action de grâce n'est pas d'abord celle des fidèles, mais celle du Christ à laquelle ils se joignent.
Le débit doit être calme et soutenu et les pauses suffisantes pour que l'assemblée s'approprie le contenu afin d'en faire une prière.
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