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d'Alibaba Le Passeur
Liturgie Pastorale
La préparation au mariage
à l'intention des Catéchistes
Que vise la préparation au mariage ?
Cette préparation au mariage est un temps fort dans la vie d'un jeune, un temps de réflexion et d'approfondissement de sa foi... et de son amour.
Questions pratiques
Quand il a connaissance d'un projet de mariage, le catéchiste doit en informer le prêtre.
Ils se mettent d'accord sur la date du mariage
sur la préparation des jeunes
Il y a des renseignements à fournir au prêtre de la paroisse, au moins trois semaines à l'avance, pour qu'il puisse faire les publications :
Chacun des candidats au mariage doit fournir aussi un acte de naissance ( à demander à la Mairie de leur commune de naissance )
Si les fiancés n'ont pas l'intention de passer par la Mairie, les inviter cependant à passer avec le docteur la visite prénuptiale.
Comment réaliser cette préparation ?
Elle doit se faire au cours de plusieurs rencontres.
Ces rencontres ne sont pas des "cours" sur le mariage, mais une réflexion avec les fiancés.
Pour animer ces réflexions, le catéchiste dispose de documents :
Comment aborder ce dossier ?
Ce dossier traite de points importants qu'il ne faut pas laisser dans l'ombre, mais il ne dit pas tout ... on pourrait remplir des livres entiers ! C'est donc un dossier que chacun peut compléter.
Ce ne sont pas des causeries toutes préparées. Ce ne sont que des idées qu'il faut "habiller", mettre en forme, adapter...
Pour que les rencontres soient profitables, le catéchiste doit savoir faire appel à son expérience d'homme marié. Il doit faire découvrir aux jeunes que, eux aussi - soit directement, soit indirectement - ont l'expérience de ce dont il parle... Ce ne sont pas des idées en l'air !
On ne peut parler de tout en quelques heures ! Faire savoir aux jeunes qu'on sera toujours à leur disposition à l'avenir. Qu'ils n'hésitent pas à venir demander conseil.
Un amour qui ne fait que commencer
On peut aborder cette préparation au mariage en remontant avec les jeunes l'histoire de leur amour.
Où, comment se sont-ils rencontrés ?
Comment a été leur vie depuis cette première rencontre ?
Pourquoi veulent-ils se marier maintenant ?
Leur faire remarquer que, dans un 1er temps, il y a eu une attirance naturelle. Quelque chose nous a plu dans l'autre ( on peut essayer de leur faire dire quoi ). L'autre nous a apporté une nouvelle joie de vivre, un nouveau courage pour affronter la vie, une confiance ne soi alors qu'on doutait de soi ...
Découvrir que cette attirance naturelle est une chose merveilleuse, mais qu'il na faut pas se baser uniquement sur elle pour s'engager dans le lien du mariage ... car l'attirance, comme les fleurs, ne dure que l'espace d'un printemps !
On n'épouse pas quelqu'un à cause de tout ce qu'il nous apporte ( paix, joie...). Dans le mariage on s'engage à conduire l'autre au bonheur, à l'épanouissement. Comme Jésus, parce qu'on s'aime, on doit être prêt à s'oublier soi-même, à renoncer à beaucoup de choses, pour se consacrer à l'autre, à son bonheur.
L'amour m'a épanoui,
par mon amour je dois conduire l'autre à l'épanouissement
Une fleur commence par être un bouton avant de s'ouvrir, de s'épanouir. Elle a besoin de soleil pour ça. Il en va de même pour nous.
Nous avons des tas de richesses en nous qui n'apparaissent pas en pleine lumière tant que nous n'avons pas senti la chaleur d'un regard se poser sur nous.
Par le mariage, nous devenons les collaborateurs de Dieu, qui veut amener chacun de ses enfants à l'épanouissement complet.
Ça nous demande
Aimer vraiment, c'est aussi savoir faire des remarques à l'autre.
Veiller à ce que nos remarques aident l'autre à progresser ... et ne le fassent pas au contraire se refermer sur lui-même ( si j'aime vraiment, je trouverai la manière pour parler ).
Le mariage : un choix
Le mariage est un engagement vis-à-vis d'une personne précise, une au milieu d'autres.
C'est un choix qui a été fait. Cette personne doit être privilégiée.
C'est à elle qu'on doit, en priorité, chercher à faire plaisir avant tous les autres ...
parce que c'est elle qu'on a choisie au milieu de tous les autres.
Insister là-dessus, parce qu'il y en a qui, une fois mariés, continuent leur "vie de garçon". Jamais à la maison, toujours avec "les autres" !
Il y en a d'autres, surtout dans les ménages un peu plus âgés, qui sont très dévoués. Ils sont partout où l'on a besoin d'eux... sauf dans leur foyer... oubliant que leur femme ( ou leur mari ) et les enfants ont besoin d'eux, eux aussi !
Dans un couple, on a des DEVOIRS l'un vis-à-vis de l'autre qu'il ne faut pas oublier.
Se supporter
La solitude est un poids difficile à porter. Pour traverser la vie, on a besoin d'un compagnon. A deux, on est plus fort.
On peut être deux ... et être seul quand même, si on ne se parle pas, si on passe son temps à se critiquer.
Le foyer ne doit pas être un tribunal où l'on juge et condamne en permanence son conjoint, mais le lieu du repos où, après les blessures de la vie, on sait qu'on peut se réfugier, trouver un coeur ami, panser ses plaies et repartir, renouvelé, pour le grand combat de la vie.
... on peut prendre l'exemple du ring : aux interruptions de combat, le boxeur retourne dans son coin où son entraîneur l'éponge, le soigne et prodigue ses conseils ... et puis ça repart !
Le foyer n'est pas un refuge où l'on se replie, où l'on se referme ... à l'abri "des méchancetés de la vie".
C'est au contraire une base de départ, un lieu où l'on trouve le courage d'affronter la vie.
Quand on dit qu'il faut "se supporter" dans la vie, ça ne veut pas dire que l'autre c'est comme un poids qu'il faut tirer ... mais que je dois être un support pour lui. Il doit pouvoir s'appuyer sur moi.
Le dialogue
Le foyer est un lieu où l'on se parle, où l'on ouvre son coeur
où l'on ne se parle pas uniquement de ce qui s'est passé
ou de ce qu'on a fait
mais de ce qu'on pense, de nos désirs, de nos rêves, de nos aspirations...
Il ne s'agit pas uniquement de mettre en commun le passé
ou de partager le présent,
mais de préparer ensemble l'avenir.
Le foyer est un lieu où l'on s'écoute... car il ne suffit pas de parler,
il faut savoir écouter l'autre, accueillir ce qu'il pense comme une richesse qu'il me fait partager.
L'homme et la femme ont souvent des façons différentes de voir les évènements, les personnes.
... ensemble, ces points de vue se complètent
se corrigent
... ensemble, on voit plus clair,
on pense plus juste
Créer dans le foyer un climat favorable au dialogue.
... il ne suffit pas - pour avoir la paix dans le ménage - de laisser parler l'autre !
Epouser n'est pas capturer
Epouser quelqu'un, ce n'est pas le prendre dans ses filets, "se le réserver",
lui dire : "Je t'aime, tu es à moi".
... les exemples ne manquent pas de personnes "éteintes" par le mariage, son mari ou sa femme ne voulant plus qu'il fasse ceci ou cela.
Faire prendre conscience du danger qui existe dans tout foyer, de s'approprier l'autre, de penser d'une manière égoïste : "Maintenant, tu es à moi et à moi seul(e)".
Mettre en garde contre une maladie de l'amour : la JALOUSIE.
La jalousie, ce n'est pas "aimer beaucoup quelqu'un", c'est être égoïste.
Quand on est jaloux, on se méfie de l'autre, on le questionne, on met en doute tout ce qu'il nous dit ... on étouffe la vie en lui.
La jalousie, c'est la mort d'un foyer. L'autre va chercher ailleurs quelqu'un qui l'aime, qui l'écoute, qui lui fasse confiance.
... on devrait pouvoir trouver facilement des exemples.
Cultiver au contraire la CONFIANCE.
Ne pas toujours enquêter sur ce qu'a fait l'autre,
mais lui dire ce qu'on a fait, qui on a rencontré, ce qu'il nous a appris ...
et tout naturellement, il s'ouvrira à son tour sur ce qu'il a fait, vu et entendu.
Se rappeler que LA CONFIANCE SE MERITE.
Les problèmes
Dans sa vie, tout foyer traverse des difficultés.
On rejette toujours les torts sur l'autre.
Se dire que : - je ne peux aider l'autre à changer qu'en faisant preuve de pardon, de plus d'amour encore et de délicatesse.
- si l'autre boude ou fait la tête, c'est souvent parce qu'il me reproche quelque chose ... C'est donc en moi, et non en lui, que se cache la source des difficultés de notre foyer.
Beaucoup de difficultés proviennent aussi "des bruits qui courent"...
On a cru que, on a pensé que, des gens ont dit que...
alors on est fin colère, on fait la gueule à l'autre, ou on lui "fait sa fête"...
On condamne avant d'avoir entendu l'accusé !
Il est bien préférable, dans la paix du soir, quand la colère est tombée, que le vin est cuvé et les gosses couchés, de parler à l'autre de ce qu'on lui reproche et d'écouter ce qu'il a à nous dire (...ça risque d'être des choses pas toujours agréables à entendre, l'accusateur se retrouvant accusé ).
Il s'agit alors de digérer cela pendant la nuit ... et le matin tout va mieux : la vie peut reprendre.
...mais il faut savoir montrer par certains gestes qu'on ne garde pas rancune de la discussion de la veille.
L'infidélité
Elle est cause de souffrance dans bien des foyers.
Ne pas se permettre le moindre écart à ce sujet, même si l'autre n'en saura jamais rien. Parce que, dans ma tête et dans mon coeur il y aura toujours des tas de souvenirs, de pensées qui gâteront mon amour comme le vers gâte le fruit.
Quand l'autre a "fauté", il ne sert à rien de l'accabler de reproches ... ou de coups.
Les reproches et les coups l'amèneront-ils à mieux m'aimer ? Non ! A mieux se cacher simplement !
Faire comme le Christ qui donnait envie aux pécheurs de ne pas recommencer, parce qu'ils se sentaient soutenus et non condamnés par lui.
Quand je découvre une infidélité de la part de l'autre, je dois chercher à reconquérir son amour. Par mon pardon, ma délicatesse, ma grandeur d'âme.
Toujours se demander pourquoi l'autre a été conduit à faire ça.
Est-ce qu'il trouve auprès de moi tout ce qu'il devrait être en mesure de trouver ( écoute, affection, soutien...) ?
Celui qui a fauté, par remords, pourrait être tenté de vouloir tout avouer à son conjoint pour avoir son pardon. C'est quelque chose de très délicat car il ne s'agit pas, pour libérer sa conscience d'un poids, de faire porter ce poids à l'autre. Se demander si l'aveu, au lieu de renforcer le couple, ne va pas y semer la graine du soupçon.
Quand ça ne va pas dans le ménage, ne pas hésiter à DEMANDER CONSEIL à un "sage". Il pourra aider à voir clair et donner d'utiles conseils.
S'engager
Dans le mariage, on ne s'engage pas uniquement l'un envers l'autre,
on s'engage ENSEMBLE au service de la tribu, de l'Eglise, du Pays.
Le célibataire a tendance à ne penser qu'à lui, et à vivre au jour le jour.
Un ménage doit s'engager à cause de ses enfants. Il doit leur préparer "des lendemains qui chantent". Pour cela, les jeunes foyers doivent éviter de se replier sur leur petit bonheur.
Ils doivent au contraire chercher à s'engager à tous les niveaux ( politique, éducatif, tribal, social, religieux... ) afin que dans tous ces domaines leurs enfants trouvent un monde plus beau que celui que, eux, ont connu.
Le mari et la femme doivent se soutenir et se conseiller dans leur engagement. Chacun ne doit pas en faire uniquement à sa tête, car c'est pour leurs enfants à tous les deux qu'ils préparent la société de demain. Ils doivent donc se mettre d'accord sur ce qu'ils veulent pour demain.
Ils doivent veiller à ce que leur engagement ne trouble pas l'harmonie de leur foyer. A quoi servirait de travailler à un monde plus beau si les enfants doivent grandir dans un foyer divisé ?
Un modèle : le Christ
Pour bâtir leur foyer, les époux chrétiens ont un modèle : le Christ.
Leur amour doit être à l'image de celui du Christ pour son Eglise.
Un foyer chrétien doit toujours se demander ( par exemple au cours d'un temps de silence, pendant la prière du soir ) : est-ce que notre amour est un reflet de l'amour de Dieu pour nous ? Est-ce que notre amour révèle l'amour de Dieu ?
Le Christ a renoncé à son plaisir pour se consacrer entièrement à faire grandir, progresser son peuple. Sa joie, c'était ses progrès.
Il ne l'a jamais rejeté loin de son coeur, même quand son peuple le crucifiait.
Il savait deviner ses besoins et y répondait au-delà de ce qu'il aurait pu espérer.
Il lui révélait, lui faisait découvrir tout ce qui était important pour lui.
Il lui faisait confiance en lui donnant des responsabilités et en l'aidant à bien les assumer ( cf. la formation des Apôtres ).
Lorsque Pierre ne se montre pas à la hauteur de sa confiance ( triple reniement ), il ne l'accable pas, mais l'aide à se reprendre.
Etc...
L'enfant : fruit de l'amour ou du hasard ?
Un enfant ne doit pas arriver "par hasard". Il faut qu'il soit désiré, voulu, attendu.
La venue d'un enfant change toute la vie du couple.
Ce peut être quelque chose de merveilleux ... ou d'angoissant ( si la mère est en mauvaise santé, s'il y a déjà beaucoup d'enfants et qu'on n'arrive pas à s'occuper suffisamment d'eux... )
Il existe une méthode qui permet de savoir quand la maman est féconde et quand elle ne l'est pas. C'est la méthode Billings. Il est important de la connaître pour l'équilibre même du foyer qui n'aura ainsi que les enfants qu'il est sûr de pouvoir conduire au plain épanouissement. Le Centre de Pastorale Familiale est chargé par le diocèse de faire connaître cette méthode aux couples.
Si un enfant arrive alors qu'il n'était pas désiré, se rappeler qu'il n'est pas uniquement le fruit de la rencontre des époux... il est aussi le résultat du travail de Dieu qui l'a "tissé au ventre de sa mère".
On n'a pas le droit de "faire partir" un enfant. Certaines femmes revendiquent la liberté d'avorter en disant "notre corps nous appartient". Pas l'enfant qu'elles portent...
Les parents qui ont gardé un enfant non désiré ne l'ont jamais regretté. Dieu bénit ceux qui ne sabotent pas son travail.
Les relations conjugales
La relation sexuelle, ce n'est pas "chercher son plaisir",
c'est montrer à l'autre combien on l'aime.
... ça conduit à accepter parfois d'avoir des rapports, alors même qu'on n'en a pas bien envie, pour faire plaisir à l'autre.
... ça conduit aussi à "se réserver" parfois, quand on sent que l'autre n'y tient pas pour le moment.
Dans la relation sexuelle, je ne dois pas tant chercher mon plaisir que celui de l'autre. Et le plaisir est bien plus que la seule jouissance : c'est un ensemble indéfinissable de délicatesse, d'attention à l'autre...
Le garçon doit savoir que la femme n'arrive à l'orgasme qu'après un long prélude amoureux. S'il prend son plaisir trop vite, sa femme n'aura pas le temps de prendre le sien. Elle sera déçue et risquera de vite prendre en dégoût ces rapports conjugaux dont elle ne tire rien.
Il est important qu'au cours des rapports amoureux la femme guide, conseille son mari; qu'elle lui fasse découvrir son corps, comment elle aime être caressée, embrassée.
Les relations conjugales, ce ne sont pas que les relations sexuelles : c'est toute une qualité de présence à l'autre.
Les règles ont une influence sur la caractère féminin. Au début du cycle, la femme est courageuse et en forme pour commencer quelque chose de nouveau. Au moment de l'ovulation, elle est joyeuse et épanouie. Au moment des règles, elle est triste et découragée ( ce n'est pas le moment d'aborder une discussion sérieuse ou de débattre d'une décision importante ! )
Qu'est-ce qui caractérise un foyer chrétien ?
En quelques mots, qu'est-ce que le mariage à l'église ?
SPECIAL " MARIAGES MIXTES"
Ils comportent des RISQUES :
Mais les mariages mixtes sont aussi comme un APPEL à un ACCUEIL mutuel des RICHESSES écloses dans des traditions spirituelles différentes.
EN FONCTION DES RISQUES, les mariages mixtes réclament une ATTENTION et une PREPARATION toutes spéciales (... et on se rend compte que ce sont souvent les mariages les moins préparés ! )
"Expliquer aux futurs époux qu'ils seront tous deux responsables de l'éducation chrétienne de leurs enfants, même si elle ne peut forcément se faire que dans l'Eglise du père OU de la mère.
Rappeler que tous deux sont invités, non pas à déserter l'une ou l'autre église, mais au contraire à approfondir leur propre foi et à prendre une part plus active à la vie de leur Eglise.
Leur enseigner à rechercher l'unité spirituelle de leur foyer, non dans la confusion des valeurs ou l'indifférence religieuse, mais dans une véritable émulation spirituelle, c'est-à-dire dans la recherche patiente des richesses chrétiennes communes, sans nier les divergences."
Devant les difficultés rencontrées avec les Protestants, qui demandent à la femme de prendre la religion du mari, rester très patient... et très humble... Il n'y a pas si longtemps, l'Eglise Catholique agissait exactement comme eux aujourd'hui !
LES MARIAGES MIXTES NE DOIVENT PAS ÊTRE PUBLIES ( sauf autorisation de l'Evêque )
A travers l'amour de jeunes Protestant et Catholique, voir "un signe de Dieu", un appel
Tout amour véritable trouve son origine en Dieu.
Un "amour véritable" est plus que "la joie d'être ensemble"... C'est "aimer comme Dieu aime".
Pour avoir une idée de ce qu'est l'amour véritable, se référer aux lectures proposées pour le mariage dans votre Missel communautaire.
Dieu n'est pas "satisfait" de toutes les divisions, de toutes les incompréhensions qui existent entre ses enfants ( qu'elles soient raciales, politiques ou religieuses ). Par cet amour qui vient de Lui, Dieu ne cesse de "jeter des passerelles" entre des communautés qui éprouvent de la difficulté à communiquer.
Accepter les mariages mixtes, c'est accueillir comme don de Dieu, et comme un appel, ces passerelles qu'Il jette entre les communautés.
...Demander à la fille de prendre la religion du garçon, c'est RETIRER cette passerelle JETEE PAR DIEU pour rapprocher ce qui était séparé.
Il pourrait arriver que des FAMILLES CATHOLIQUES FASSENT PRESSION pour que LA FILLE PROTESTANTE prenne la religion CATHOLIQUE à l'occasion de son mariage.
Bien préciser qu'EN AUCUN CAS l'Eglise n'autorise le passage d'une fille protestante dans l'Eglise catholique à l'occasion de son mariage. Chacun garde sa religion.
Ce n'est que plus tard, en dehors de toute pression, après avoir découvert la foi catholique et avoir été instruite, que la fille pourrait, si elle le désirait, entrer dans l'Eglise catholique.
Devant la coutume purement humaine qui demande à la fille catholique de prendre la religion de son mari, le catéchiste a un DEVOIR particulier d'ASSISTANCE SPIRITUELLE.
Le mélanésien fait facilement passer la coutume avant les exigences de la foi. Lorsque la famille catholique n'est pas éclairée et soutenue par le catéchiste, très facilement elle "laisse faire la coutume".
Dès qu'un catéchiste apprend un projet de mariage d'une catholique avec un protestant, il doit tout de suite aller voir la fille et sa famille, et éclairer leur jugement à l'aide de ce document.
Si la famille le demande, il peut parler de ça au garçon, à sa famille et au Pasteur.
La meilleur image POUR EXPLIQUER ce qu'est l'UNITE DANS LE COUPLE n'est pas la fusion mais la SOUDURE
... par la fusion, on fait disparaître une pièce, avec ses particularités ( la catholique en l'occurrence ), pour en faire une autre ( "une Protestante" ).
... par la soudure, on rend solidaires deux pièces, qui gardent leurs particularités propres, mais qui, parce qu'elles sont soudées, vont pouvoir remplir leur tâche.
On peut prendre l'exemple de la brouette si utilisée dans les tribus pour le transport des charges. Il faut une roue et une benne, solidaires... S'il y a deux roues et pas de benne, ou deux bennes et pas de roue, ça n'est d'aucune utilité !
On a besoin d'une roue et d'une benne, chacune avec ses particularités, mais bien soudées... par le lien fort de l'amour !
Prendre la religion du garçon, question de foi ... ou de tradition ?
Si les Protestants sont généralement contre les mariages mixtes, ce sont plus souvent pour des raisons de "tradition" que de foi ( "la fille prend le nom du garçon, elle doit prendre aussi sa religion"... )
Sur ce point-là, on peut réfléchir à l'aide de Marc 7, 1-13.
C'est aussi parfois à cause d'une mauvaise compréhension de ce qu'est l'UNITE du couple ( "ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un" Marc 10,8 )
... Expliquer que, quand Dieu a fait l'humanité à son image, il a dû les faire homme ET femme. L'homme seul, ou la femme seule, sont trop "limités" pour donner une image de ce qu'est Dieu. Unis par l'amour, ils le peuvent. Mais la femme reste femme, et l'homme reste homme : c'est la condition nécessaire.
Il en va de même pour les différentes traditions spirituelles, les différentes familles spirituelles : ce n'est qu'unies par l'amour qu'elles révèleront pleinement Dieu. Chacune de son côté est "incomplète". Sans la richesse de la tradition spirituelle protestante il manque quelque chose à l'Eglise catholique, et vice-versa.
L'unité, ça ne veut pas dire que la Catholique doit devenir Protestante, ou que la Protestante doive devenir Catholique ! L'unité c'est, dans l'amour, s'enrichir des richesses spirituelles de l'autre. C'est aussi, à travers le regard aimant que l'autre pose sur ma propre pratique religieuse, en découvrir les ambiguïtés et ainsi purifier ma religion de ses scories, c'est-à-dire de ce qui n'est que façons de faire purement humaines, habitudes, coutumes...
Chaque Eglise a ses richesses, qui font partie du patrimoine de l'humanité, et charrie ses ambiguïtés.
Refuser de se replier sur soi, accepter les mariages mixtes, c'est accepter de m'enrichir de ce que je vais découvrir dans une traditions spirituelle différente de la mienne, et accepter aussi de me laisser remettre en question par ce regard neuf, mai aimant, qui se pose sur ma pratique religieuse...
... et accepter de se laisser remettre en question, c'est accueillir la possibilité de progresser devant Dieu.
Certains groupes religieux CONDAMNENT LES MARIAGES MIXTES parce qu'ils jugent qu'ILS ONT LA VERITE, que LES AUTRES SONT DANS L'ERREUR, et qu'on ne peut marier l'eau et le feu.
Aucune Eglise ne peut dire "j'ai la vérité, les autres sont dans l'erreur".
Toutes les Eglises ont la Parole de Vérité ... mais celle-ci est reçue dans des cours humains qui ont de la peine à la déchiffrer, et à s'y accorder, car "elle les dépasse".
On peut avancer sur le chemin de la Vérité ... on n'a jamais la Vérité.
Certains Pasteurs demandent au prêtre ou au catéchiste de leur DONNER "UNE AUTORISATION" pour que la fille puisse devenir Protestante.
C'est un geste de politesse, de "bon voisinage", de leur part.
Mais nous n'avons AUCUNE AUTORISATION A DONNER OU A REFUSER.
Changer d'Eglise, c'est l'affaire de la conscience de l'individu. Le faire comprendre aux Pasteurs et refuser tout papier ce ce genre. Ce serait d'autre part donner notre bénédiction à une pression coutumière qui ne va pas, selon nous, dans le sens de la volonté de Dieu et du respect de la liberté humaine.
Toujours pour des raisons de politesse et de bon voisinage, il arrive au Pasteur qui va bénir un mariage de demander la présence d'un représentant de l'Eglise catholique.
Si, sous la pression de la coutume, la fille a accepté de passer Protestante, EN AUCUN CAS UN REPRESENTANT DE L'EGLISE CATHOLIQUE NE DOIT, comme tel, ASSISTER A LA CELEBRATION.
Mais ça ne doit pas empêcher d'assurer la préparation au mariage, d'autant plus qu'elle est souvent inexistante du côté Protestant.
LES MARIAGES MIXTES se célèbrent SANS MESSE. Il faut une autorisation de l'Evêque pour la messe.
La demande de messe est souvent ambiguë : les gens la réclament par crainte que, sans elle, ça ne fasse pas une "grande cérémonie" ! Les faire réfléchir sur les véritables raisons qui les poussent à demander la messe.
Prouver une bonne fois que l'on peut faire une belle cérémonie de mariage sans la Messe !
Faire comprendre aussi que c'est une question de respect de la partie non-catholique et de sa famille qui ne pourraient pas s'associer à la communion.
En cas de PROJET DE MARIAGE MIXTE, il faut très vite FAIRE REFLECHIR LES DEUX FUTURS EPOUX sur TOUT CE QUE CELA IMPLIQUE.
On peut le faire en étudiant avec eux l'exemple de déclaration commune ci-joint.
Si les deux jeunes gens sont pleinement d'accord, ils recopient et signent. Le catéchiste ou le prêtre qui les a préparés signe aussi.
Ensuite, le catéchiste ( s'il n'y a pas de prêtre ) envoie cette déclaration - avec la demande de dispenses - à EVÊCHE B.P. 3 98845 NOUMEA, en demandant à l'Evêque de bien vouloir la lui renvoyer avec les dispenses nécessaires.
Préciser que c'est aux deux époux - et nul autre - qu'il revient de prendre la décision de faire entrer leurs enfants dans telle ou telle Eglise, qu'il vaut mieux avoir fait le choix AVANT le mariage ... et que, quelque soit le choix fait, les deux parents sont responsables de l'éducation religieuse de leurs enfants.
Exemple de DEMANDE DE DISPENSES
Monseigneur
Veuillez trouver ci-joint la déclaration d'intention ( à nous retourner ) de :
( NOM ) ( PRENOM ) de religion catholique
et
( NOM ) ( PRENOM ) baptisé(e) non-catholique
qui désirent contracter mariage [devant le Pasteur] [devant le Prêtre] (rayer la mention inutile)
et leur accorder les dispenses nécessaires.
La partie catholique a promis sérieusement devant moi de veiller fidèlement à sauvegarder sa foi et de faire tout son possible pour que les enfants qui naîtront de cette union soient baptisés et élevés dans la religion catholique.
La partie non-catholique a été soigneusement informée de ces promesses.
Fait à le
Signatures du catéchiste ( en l'absence du prêtre ) :
de la partie catholique :
Je crois la partie catholique sincèrement décidée à remplir ses promesses
Fait à le Signature du catéchiste ( en l'absence du prêtre )
Exemple de DECLARATION D'INTENTION COMMUNE
pour un mariage mixte de deux chrétiens
En présence de Dieu, et dans l'Eglise à laquelle nous appartenons par notre baptême,
Moi ............................ Catholique
Et moi ........................ baptisé(e) ................................
Nous voulons, LIBREMENT, constituer une communauté de vie et d'amour POUR TOUTE NOTRE VIE, et nous l'acceptons, UNE, féconde, dans la FIDELITE totale et le soutien mutuel.
Nous nous engageons a approfondir notre foi, et à respecter la foi et la pratique religieuse de notre conjoint.
NOUS ACCEPTONS LES ENFANTS qui pourront naître de notre union. Nous les éduquerons humainement et chrétiennement avec le meilleur de nous-mêmes. Nous leur ferons connaître et aimer Jésus Christ, nous les formerons au respect et leur donnerons la connaissance de nos deux Eglises.
Nous avons pleinement conscience de l'exigence, pour chacun d'entre nous, de la foi de notre Eglise qui nous pousse à vouloir que nos enfants participent à cette foi par le baptême et l'éducation.
Nous savons que la promesse qui est demandée à celui de nous deux qui est catholique de faire "tout ce qui dépend de lui pour que ses enfants soient baptisés et élevés dans l'Eglise catholique" doit être accomplie dans les circonstances concrètes de notre foyer. Ce qui signifie que, dans le respect des raisons et des convictions religieuses de chacun d'entre nous, nous devrons prendre ensemble une décision que nous pourrons tous deux approuver en conscience.
C'est bien un foyer chrétien que nous voulons bâtir, et nous croyons que notre amour nous appelle à dépasser notre égoïsme et à nous mettre au service des autres pour que, éclairés par l'Evangile et soutenus par nos Eglises, nous travaillions avec tous pour plus d'amour, de justice et de paix.
A ..................... le ..................
Signatures du catholique :
du chrétien non-catholique :
du catéchiste :
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