CHEMINS DE CROIX

Bref chemin de croix
Dieu présent à l'homme
Chemin de croix avec proposition de chant
Les 14 stations commentées
Chemin de croix commenté de Jean-Paul II
Chemin de croix avec Jésus


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Bref chemin de croix

        Avant chaque station

Le catéchiste : Nous t'adorons ô Christ et nous te bénissons.
Les fidèles : Parce que tu as sauvé le monde par ta sainte Croix.

        A la fin de chaque station, après les invocations prévues

Le catéchiste : Seigneur, prends pitié.     Tous : R/ Seigneur, prends pitié.
Le catéchiste : Que par la miséricorde de Dieu, les âmes de nos défunts reposent en paix. R/ Amen.

Prière d'ouverture :

                Seigneur Jésus,
        nous voulons te suivre sur la route du calvaire.
                En pensant aux souffrances de ta Passion
        donne-nous le regret de nos péchés.
                Aide-nous à vivre en vrais chrétiens !

Chant

1ère station            JÉSUS AU JARDIN DES OLIVIERS

        A Gethsémani, Jésus souffre une rude agonie en pensant à la Passion qui approche. Il est accablé par la méchanceté du monde, par les injustices et les péchés des hommes. Il prie ainsi : "Père, si tu peux, éloigne de moi ce calice, mais que ta volonté soit faite et non la mienne !"

        Seigneur Jésus, tu as donné ta vie pour nous. Aide-nous à redire comme toi
        
"Père, que ta volonté soit faite et non la mienne" ( bis )

2ème station            JÉSUS EST ARRÊTÉ

        Judas arrive avec les soldats au jardin des oliviers. Judas ose embrasser Jésus et lui dit : "Salut Maître !" Jésus répond : "Mon ami, tu me trahis par un baiser".

        Seigneur Jésus, aide-nous à ne pas te trahir ( bis )
        Garde-nous fidèles à ton service ( bis )

3ème station            DEVANT LE GRAND CONSEIL

        Les soldats emmènent Jésus Chez le grand prêtre. Il dit à Jésus :
 "Si tu es le Christ, dis-le nous".
        Jésus répond : "Vous verrez le Messie à la droite de Dieu" !
        Il demande : "Alors, tu es le Fils de Dieu ?"
        Il répond : "Tu dis bien, je le suis".

        Seigneur Jésus, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ( bis )
        Tu es notre Guide et notre Sauveur ( bis )

4ème station            PIERRE RENIE JÉSUS

        Dans la cour du grand prêtre, près du feu, Pierre a peur.
        Trois fois il déclare à ceux qui l'interrogent qu'il ne connaît pas Jésus. A ce moment, le coq chante. Le Seigneur se retourne et regarde Pierre. et Pierre se rappelle la parole du Seigneur : "Avant le chant du coq, tu m'auras renié trois fois". Alors Pierre sort et pleure.

        Seigneur Jésus, aie pitié de nous pécheurs ( bis )

5ème station            DEVANT PILATE

        Le Christ, avant d'être condamné à mort, est interrogé par Pilate : "Tu es donc Roi ?" lui dit-il.
        Jésus répond : "Tu l'as dit, je suis Roi. Mais mon Royaume n'est pas de ce monde. Je suis venu pour rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui est pour la vérité écoute ma voix".

        Seigneur Jésus, nous t'adorons ( bis )
        Tu es le Chemin, la Vérité, la Vie ( bis )
        Nous voulons écouter ta Parole ( bis )

6ème station            JÉSUS EST COURONNÉ D'ÉPINES

        Pilate ordonne de prendre Jésus et de le frapper. Puis les soldats font une couronne avec des épines et la posent sur sa tête. Ils le couvrent d'un manteau rouge. Ils se moquent de lui et disent : "Salut, Roi des Juifs". Ils lui crachent au visage.

        Par ta Passion , Seigneur, tu as expié nos fautes ( bis )
        Pardon pour notre orgueil, pardon pour nos péchés d'ivrognerie et d'impureté ( bis )

7ème station            LA MONTÉE AU CALVAIRE

        Jésus est chargé de la croix. Simon de Cyrène doit l'aider. Jésus prend la croix sans murmurer. Il pense à nous.
        Seigneur, aide-nous à te suivre en portant notre croix.
        Porter notre croix, c'est d'abord obéir à tes commandements.
        Porter notre croix, c'est accomplir notre travail de chaque jour de notre mieux, jusqu'au bout.
        Porter notre croix, c'est t'offrir les peines de notre vie en les unissant à ta Passion, ô Christ.

        Seigneur Jésus, aide-nous à porter notre croix à ta suite ( bis )

8ème station            LA MISE EN CROIX

        Vers l'heure de midi, Jésus est cloué sur la Croix. Au-dessus de sa tête un écriteau porte ces mots : "Jésus de Nazareth, roi des Juifs".
        En ce chemin de croix nous faisons le souvenir de tes souffrances. Seigneur Jésus, pour nous tu as souffert les coups, les injures, la couronne d'épines, les clous, la lance, et surtout la Croix et la mort.

        O Christ, tu as souffert pour nous sauver tous ( bis )
        Gloire à Toi, Seigneur, fidèle ami des hommes ( bis )

9ème station            LE BON LARRON

        Sur le Calvaire, à droite et à gauche de Jésus, deux brigands sont crucifiés. L'un blasphème, l'autre prie et dit : "Jésus, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume !"
        Jésus répond : "Aujourd'hui même, tu seras avec moi dans le Paradis".

        Seigneur, avec le bon larron nous nous remettons entre tes mains.
        Fais que pour toujours avec toi nous soyons, nous aussi, en Paradis !

        Dans ton Royaume, souviens-toi de nous, Seigneur. Seigneur, souviens-toi de nous ( bis ) . on peut chanter cette invocation.

10ème station           MARIE PRÈS DE LA CROIX

        La mère de Jésus, ainsi que Marie de Cléophas, Marie Madeleine et Jean sont là, debout, près de la Croix du Seigneur.
        Jésus voit sa Mère et près d'elle le disciple qu'il aime. Il dit à sa Mère : "Voilà ton fils", puis au disciple : "Voilà ta mère". Et à partir de ce moment-là, le disciple la prend chez lui.

        Nous te louons ô Mère du Sauveur. Près de la Croix de ton Fils, tu as souffert pour nous. Intercède pour nous auprès de lui.

        O Marie, notre Mère, aide-nous à aimer le Christ ( bis )

11ème station           JÉSUS MEURT POUR NOUS

        En pensant à nous, pécheurs, Jésus prononce ses dernières paroles : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font !" "Tout est achevé", "Père, entre tes mains, je remets mon esprit".

        Ta mort sur la croix, Seigneur Jésus, c'est la preuve de ton amour. "La plus grande preuve d'amour, c'est de donner sa vie pour ceux qu'on aime". Tu l'as dit et tu l'as fait.
        Seigneur Jésus, donne-nous la force de pardonner aux autres pour que nous soyons nous aussi pardonnés par toi.
        Avant de mourir, tu as dit : "Père, que tous soient UN". Fais que les chrétiens divisés soient de nouveau tous unis. un seul troupeau, un seul Pasteur : Toi, Seigneur Jésus.

        Seigneur Jésus, nous t'adorons et nous t'aimons ( bis )
        parce que tu nous as aimés jusqu'à la mort de la Croix ( bis )

12ème station           JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

        L'un des soldats ouvre avec sa lance le cour de Jésus. Il en sort du sang et de l'eau. Puis on détache son corps de la Croix. On le recouvre de parfum. On le dépose dans un tombeau neuf, creusé dans un rocher, et on roule une grosse pierre à l'entrée.

        Seigneur Jésus, nos péchés ont été la cause de ta Passion. Aide-nous à les chasser de notre vie, et à vivre dans ton amour.

        Sauveur du monde, sauve-nous ( bis )

13ème station           AU MATIN DE PÂQUES

        Le premier jour de la semaine, à l'aube, des femmes de Jérusalem viennent au tombeau apporter des parfums. Elles trouvent la pierre qui fermait les tombeaux roulée de côté. Le tombeau est vide. Elles entrent. elles ne voient pas le corps du Seigneur Jésus, mais l'ange leur dit : "Pourquoi chercher parmi les morts Celui qui est Vivant ? Il n'est plus ici. Il est ressuscité."

        Ainsi le Christ a vaincu la mort et nous a donné part à la vie éternelle.

        O Christ, nous louons ta sainte résurrection ( bis)  
        
On peut prendre aussi un chant de Pâques

14ème station           AU SOIR DE PÂQUES

        Dans la soirée pascale, Jésus apparaît à ses apôtres et il leur dit : "La paix soit avec vous, voyez mes mains, voyez mes pieds, c'est bien moi. Il fallait que le Christ souffre pour ressusciter des morts le troisième jour. De cela vous êtes témoins".
        Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.

        O Christ, aide-nous à ressusciter avec toi à une vie nouvelle.

        Apprends-nous à servir et à aimer. ( bis )

Prière finale

        Que ta bénédiction, ô Dieu notre Père, descende sur ton peuple qui a célébré la Passion et la mort de ton Fils.
        Donne-nous le regret de nos péchés. Accorde-nous pardon et réconfort. Augmente en nous la Foi. Aide-nous à suivre Jésus dans sa Pâque. Amen.

Chant : "Entre tes mains, Seigneur" ou un autre chant

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Dieu présent à l'homme

 

1.              JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

Dieu présent à la détresse de l'homme

On m'oublie comme un mort inconnu,
comme une chose qu'on jette.
J'entends les propos de la foule complotant de m'ôter la vie.

La sentence est tombée : c'est la mort !
Dehors, la foule s'excite, hystérique et assoiffée de sang.
Dans le palais du gouverneur, un homme se lave les mains. Désormais, le nom de Pilate entre dans l'histoire.
Il est là, Jésus, seul avec sa détresse,
        comme dans un cauchemar.
Il n'est rien, une pauvre chose, un objet livré à la folie populaire.

Et moi, où en suis-je de la détresse ?
        Pas de la mienne, mais de celle des autres.
Est-ce que je sais être là quand il le faut ?
        Parler quand il le faut ? Me taire quand il le faut ?
Ou, au moins, est-ce que je suis capable
        de ne pas hurler avec les loups ?

Mon Dieu, si tu m'apprenais
        des silences plus forts que des paroles,
        des présences plus fortes que des étreintes.
Si tu m'apprenais les mots du cour qui ouvrent à l'espérance.

 

2.              JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

Dieu présent aux cris des hommes

Ils prirent donc Jésus qui, portant lui-même sa croix, sortit de la ville
pour aller au lieu-dit du Crâne, en hébreu, Golgotha.

Il est des épreuves qui nous permettent, parfois,
        de prendre de la distance et de mieux nous situer par rapport
        à ce qui est essentiel et à ce qui ne l'est pas dans la vie.
Peut-être a-t-il envie de crier. De dire : "Non, pas ça !"
"S'il est possible, que ce calice s'éloigne de moi".
Mais il est trop tard. Il le sait. Il doit aller jusqu'au bout.
Jusqu'au bout du "sens" qu'il donne à sa vie.

Moi aussi, j'ai parfois envie de dire : "Non, pas ça !"
"Qu'est-ce que j'ai fait au Bon Dieu pour mériter ça ?"
La croix, quand elle est sur les épaules des autres, je compatis.
Mais quand elle tombe sur les miennes, je me sens écrasé.

Mon Dieu, aide-moi à voir clair dans ma vie.
non pas à supporter ma souffrance avec fatalisme,
mais à la prendre sur moi, comme Jésus.

 

3.              JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

Dieu présent aux chutes de l'homme

Comme en deuil d'une mère, j'étais sombre et prostré.
Et quand j'ai trébuché, ils se sont attroupés, joyeux.

Il n'est pas de chute dont on ne se relève pas. Dieu tombe.
        Comment l'homme peut-il se croire invincible ?
Il est des jours où le plus grand se retrouve à genoux.
        Jésus tombe, et c'est Dieu qui est à terre.
Dieu qui nous apprend aussi à nous relever.
        Aucune faute ne mérite l'écrasement total.
Notre Dieu est le Dieu des relèvements.

Pourtant, quand je tombe,
        je me laisse aller comme si tout était fini.
Comme si je ne méritais pas d'être regardé en face.
Et si Dieu n'était jamais aussi proche de moi
        que quand je me sens laissé, à terre ?

Mon Dieu, regarde-moi et je me lèverai.
Ton regard, mon Dieu, n'est pas un regard de mépris.
Toi, quand tu vas vers l'homme, c'est pour lui tendre la main
        et non pour l'abaisser.
Regarde-moi, mon Dieu et je me lèverai.

 

4.              JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

Dieu présent aux ruptures de l'homme

Vois, cet enfant doit être un signe en butte à la contradiction
 - et toi-même, un glaive te transpercera l'âme -
afin que se révèlent les pensées intimes d'un grand nombre.

Une mère en face de son fils, de son fils qui va mourir.
Y a-t-il quelque chose de plus insupportable?
Et pourtant, l'un et l'autre connaîtront une vie transformée.
Les séparations et les ruptures sont dures,
        parfois insupportables.
Un enfant s'en va, pour un temps, pour toujours.

Une mère n'est-elle pas toujours
        dans les douleurs de l'enfantement ?
Un enfant se fait tous les jours.
Même quand, apparemment, il se défait.

Seigneur, apprends-moi à vivre les séparations, les ruptures,
surtout celles qui sont nécessaires à la vie,
même si je n'en perçois pas toujours le sens.

 

5.              SIMON DE CYRÈNE AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

Dieu présent à la faiblesse de l'homme

En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon,
et ils le requirent pour porter sa croix.

Son corps ne supporte plus le poids de l'angoisse.
Il a besoin d'aide. Il faut faire vite.
Les soldats ont hâte d'achever leur besogne.
Un homme, un curieux, peut-être un ami,
        mêlé à la foule des badauds : on le réquisitionne.

On a tous besoin d'être aidés, secourus.
Ça va du coup de main aux grands élans de solidarité.
Il est des hommes, il est des peuples
        qui ont besoin d'un coup de pouce.
Même si, pour eux, on ne voit pas le bout du chemin.
        Même si tout est bloqué.
Il est des secours qui semblent désespérés,
mais qui remettent un homme, un peuple, debout.

Donne-moi, Seigneur, la force de croire
qu'il n'est pas de cause désespérée qui ne puisse être soutenue.

 

6.              VÉRONIQUE ESSUIE LA FACE DE JÉSUS

Dieu présent aux outrages des hommes

Pour ton serviteur, que ton visage s'illumine, sauve-moi par ton amour.
Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez dans le Seigneur.

Il n'y a qu'une femme qui puisse aller si loin dans la compassion,
     rejoindre Jésus dans sa passion.
Le visage de l'homme est signe de Dieu.
Quand il est humilié,
il n'y a que le voile de la tendresse qui puisse lui redonner sens.

Autour de moi, que de visages fermés,
que de regards perdus dans la souffrance.
Il suffit peut-être d'un geste, d'un mot,
pour que l'autre retrouve sa force et sa dignité perdue.
Il est des jours où l'on perd la face.
        Perdre la face, c'est mourir un peu.
Il suffit de si peu pour rendre quelqu'un à sa dignité :
un geste, un mot, un sourire, ou même parfois un simple regard.

Seigneur, ne cache pas ta face.
Quand je ne sais plus qui je suis, donne-moi le courage
de me risquer à essuyer les humiliations des autres.

 

7.              JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS

Dieu présent aux relèvements des hommes

Je suis la risée de mes adversaires, et même de mes voisins.
Je fais peur à mes amis : s'ils me voient dehors, ils m'évitent.

Jésus nous donne, ici, l'exemple de tous les recommencements.
Il n'en peut plus. Il tombe pour la deuxième fois.
Pour nous dire, peut-être,
        qu'il n'est pas de rechute qui soit définitive.
Quels que soient nos désespoirs, nos détresses,
        tous les relèvements sont possibles.

Et nous, où en sommes-nous de nos relèvements ?
Quand on se croit au plus profond de la vague,
        regardons Jésus se relever pour la deuxième fois.
Si nous nous relevions, nous aussi ?

Seigneur, tu es le Dieu des hommes debout.
Tu sais notre faiblesse et tu connais aussi nos forces.
Aide-nous, par ton Esprit,
et que nous soyons tous capables de nous redresser.

 

8.              JÉSUS RENCONTRE LES FEMMES DE JÉRUSALEM

Dieu présent à toutes les attentes des hommes

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi,
pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants.

Sur la route de son supplice,
        il prend encore le temps de s'occuper des autres.
Il est capable de passer par-dessus sa souffrance, son angoisse
        pour s'apitoyer sur la détresse des autres.
Il les renvoie à leur propre destinée, en les invitant peut-être
        à la transformer au-delà des larmes.

Quand nous pleurons sur le sort de ceux que nous aimons,
        sur la souffrance, la maladie, la mort des autres,
        n'est-ce pas un peu à nous que nous pensons ?

Le drame de nos frères n'est-il pas
        le miroir de nos propres peurs ?
Jésus nous invite à y être sensible,
        non pour nous laisser abattre,
        mais pour mieux maîtriser notre propre existence.

Donne-moi, Seigneur, au-delà des pleurs, la force
        qui me permettra de chercher un sens
        là où je ne vois que non-sens et contradictions.

 

9.              JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

Dieu présent aux défis de l'homme

Ne nous soumets pas à la tentation,
mais délivre-nous du Malin.
Car c'est à toi qu'appartiennent le Règne,
la Puissance et la Gloire pour les siècles des siècles.

Tombé trois fois, il se relèvera trois fois.
Comme pour nous inviter à relever les trois défis
        de la vie d'un prophète :
- ne pas succomber à la tentation de la fuite
        dans des rêves illusoires,
- ne pas se laisser enfermer dans la tentation de dominer,
- ne se mettre à genoux devant personne.

Nous aussi, n'avons-nous pas à résister aux nouveaux Messies,
        aux doctrines séduisantes.
à refuser toute réussite basée uniquement
        sur le pouvoir et l'argent.
à nous relever quand nous sommes déstabilisés par la violence,
        la jalousie, la haine .?

Délivre-nous, Seigneur, du Malin,
et ne permets pas que nous laissions à d'autres le soin
de penser pour nous, de parler pour nous, de décider pour nous.

 

10.             JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

Dieu présent aux arrachements de l'homme

Ils se sont partagés ses habits, ils ont tiré au sort son vêtement.

Le temps passe. La soldatesque est impatiente.
On est au terme du voyage. Et voilà que commence l'horreur.
Les vêtements collent à la peau.
Sans ménagement, on les arrache. Les plaies s'ouvrent,
        elles brûlent le corps.
Mais ce qui brûle le plus, ce sont tous ces regards.
Ces regards avides, indiscrets, curieux,
        qui n'en finissent plus de s'abreuver de son supplice.

Que faisons-nous quand nos frères sont ainsi livrés
        à l'horrible curiosité des autres ?
Notre regard se fait-il humble, modeste
        quand leur réputation, leur famille, leur honneur
        sont livrés au regard de tous ?

Seigneur, apprends-nous l'humilité du regard et la force du cour
        pour habiller de dignité le corps et le cour de nos frères,
        de nos frères injustement traités.

 

11.             JÉSUS EST MIS EN CROIX

Dieu présent aux passions de l'homme

Arrivés au lieu du Crâne, ils le crucifièrent
ainsi que les deux malfaiteurs, l'un à droite, l'autre à gauche.

On se demande ce qui se passe dans la tête d'un malheureux
        qui sent approcher l'horreur d'une agonie sans fin.
Jésus a vécu cela.

Avec lui, ce sont tous les torturés de l'histoire
        qui crient et hurlent sous les coups des bourreaux.
Avec lui, c'est toi, c'est moi, tel ami qui n'en finit pas
        de mourir sur un lit d'hôpital.
Avec lui, ce sont tous les désespérés
        qui n'en peuvent plus d'attendre.

Seigneur, toi qui ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il vive,
        nous savons que ce n'est pas toi qui punis,
        ni même permets la souffrance, la torture.
Donne à ces malheureux une voix qui criera pour eux.
Et fais que nous ayons le courage d'être cette voix-là.

 

12.     JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

Dieu présent à la mort de l'homme

Près de la croix de Jésus se tenait sa mère, la sour de sa mère,
 la mère de Cléophas et Marie de Magdala.

Insupportable moment que celui-là. Dieu se meurt en Jésus.
"Mère : voici ton fils."
"Jean, prends soin de ma mère."
Un dernier cri qui dit peut-être l'angoisse de l'homme,
        mais aussi la foi du prophète. Et c'est fini.

Il est des jours d'homme
        où la mort semble être un point final à toute parole.
Des jours où l'on se dit : "Il est mort dans d'atroces souffrances".
La mort est intolérable quand elle met un terme
        à la parole de l'homme.
Nous, nous savons que notre parole est encore à naître.
Nous sommes sûrs que Jésus nous a ouvert la route.
Lui, le Verbe fait chair.

Reste avec nous, Seigneur, aux temps de détresse.
Quand tout se tait. Quand tout semble terminé.
Viens, compagnon silencieux, nous ouvrir à ta Parole.

 

13.         JÉSUS EST DÉTACHÉ DE LA CROIX

Dieu présent aux braises qui sommeillent en l'homme

Joseph d'Arimathie s'en va hardiment trouver Pilate
et demander le corps de Jésus.
Un soldat lui perce le côté.
Il en sort du sang et de l'eau. On le détache.

Joseph d'Arimathie, un ami qui n'a pas peur
        de prendre des risques, lui offre son propre tombeau.
En hâte, on transporte le corps.
La sabbat va bientôt commencer, il faut faire vite.

Ne faut-il pas parfois se détacher de nos croix,
        se détacher aussi de nos passions ?
Certaines nous tiennent cloués,
        d'autres nous invitent au détachement
        pour, justement, naître ailleurs.
Il y a des braises qui sommeillent en nous
        et qui n'attendent qu'un souffle pour se ranimer,
        et brûler de notre amour.

Apprends-nous, Seigneur,
les détachements qui nous rendent libres,
ceux qui, apparemment, nous font mourir, mais nous ouvrent
        aux réalités d'une autre vie, d'une autre manière de vivre.

 

14.         JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

Dieu présent aux enfouissements de l'homme

Puis Joseph roula une grosse pierre à l'entrée du tombeau
et s'en alla.
Cependant Marie de Magdala et l'autre Marie étaient là,
assises en face du sépulcre
.

Jésus passe par la porte obligée de tous les humains.
Pour certains de ses proches, c'est la fin.
Le tombeau met un terme aux rêves les plus fous.
Alors que tombe le soir,
        quelques-uns s'attardent encore et se souviennent d'hier.

Et pourtant, si c'était vrai ? Si c'était vrai tout ce qu'il a dit ?
Si c'était vrai que le passage au tombeau
        est la porte ouverte sur un monde autre ?
Un monde où nous serions capables de dire,
        de donner et de vivre le meilleur de nous-mêmes.

Mon Dieu, si c'était vrai ? Alors ma vie aurait un sens.
Même quand tout semble fini tout redevient possible,
        tout peu recommencer.

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CHEMIN DE CROIX
plus développé

Prière :
       Seigneur Jésus, ni la souffrance ni la mort n'ont eu raison de toi ! A travers ta Passion, tu as offert ta vie au Père.
        Sur le chemin de ta vie donnée, nous voulons aujourd'hui marcher un peu à ta suite. Nous faisons ce chemin avec toi, mais aussi avec tous ceux qui vivent des passages douloureux, en communion avec tous ceux qui se tournent vers toi en ce jour.

Chant : Seigneur Jésus, je te cherche

1ère station            JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

        Pilate sortit dehors et dit aux Juifs : "Voyez, je vous l'amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation". Jésus sortit dehors, portant la couronne d'épines et le manteau de pourpre; et Pilate leur dit : "Voici l'homme !" Lorsqu'ils le virent, les grands prêtres et les gardes vociférèrent, disant : "Crucifie-le ! Crucifie-le !" Pilate leur dit : "Prenez-le, vous, et crucifiez-le; car moi, je ne trouve pas en lui de motif de condamnation". Les Juifs lui répliquèrent : "Nous avons une Loi et d'après cette Loi il doit mourir, parce qu'il s'est fait Fils de Dieu".

        Lorsque Pilate entendit cette parole, il fut encore plus effrayé. Il entra de nouveau dans le prétoire et dit à Jésus : "D'où es-tu ?" Mais Jésus ne lui donna pas de réponse. Pilate lui dit donc : " Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j'ai le pouvoir de te relâcher et que j'ai le pouvoir de te crucifier ?" Jésus lui répondit : "Tu n'aurais aucun pouvoir sur moi, si cela ne t'avais été donné d'en haut".

        Dès lors Pilate cherchait à le relâcher. Mais les Juifs vociférèrent, disant : "Si tu le relâches, tu n'es pas un ami de César : quiconque se fait roi s'oppose à César". Pilate, entendant ces paroles, amena Jésus dehors et le fit asseoir au tribunal, en un lieu dit le Dallage, en hébreu Gabbatha. Or c'était la préparation de la Pâque; c'était vers la sixième heure. Il dit aux Juifs : "Voici votre Roi ?" Les grands prêtres répondirent : "Nous n'avons d'autre roi que César !" Alors il le leur livra pour être crucifié.       (Jn 19, 14-26 )

Prière : Seigneur Jésus, par nos paroles et par nos actes, nous sommes toujours prêts à te renier et à t'abandonner. Que ta parole nous préserve de te trahir, et qu'elle nous convertisse s'il nous arrive de te renier.

Chant           Jésus, je voudrais te chanter sur ma route

Prions pour nos frères qui sont persécutés à cause de leur foi, et ceux qui sont trahis ou abandonnés.

 

2ème station            JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

        Elle est venue l'heure où le Fils de l'homme doit être glorifié.

        En vérité, en vérité, je vous le dis : si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul; si, au contraire, il meurt, il porte du fruit en abondance.
        Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui cesse de s'y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu'il se mette à ma suite, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur.

        Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera".     ( Jn 12, 23-26 )

Prière :        Serait-ce vraiment le bois de cette croix qui me sauve ?
        Non ! Ce sont tes bras ouverts, ce sont ton corps et ton cour offerts, c'est ta vie donnée !
        Ton amour est sauveur. Dans ta faiblesse, la puissance de l'Amour viens rejoindre toutes nos faiblesses.

Chant : Seigneur, que ta Parole réveille notre foi !

Prions pour que la paix et l'unité l'emportent sur la guerre et les divisions. Que le Seigneur mette un esprit de réconciliation dans le cour de chacun.

 

3ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

        "Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis.
        Le mercenaire, qui n'est pas vraiment un berger et à qui les brebis n'appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite; et le loup s'en empare et les disperse. C'est qu'il est mercenaire, et que peu lui importent les brebis.
        Je suis le bon berger, je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît, et que je connais mon Père; et je me dessaisis de la vie pour mes brebis." ( Jn 10, 11-15 )

Prière :        Jésus, tu n'es pas venu en héros divin. Tu t'es fait serviteur, et serviteur souffrant.
        Ton courage, c'est celui du berger qui aime. Quand ta croix se fait lourde, quand le plus petit de tes amis plie sous le fardeau, ta force, c'est celle de ton cour !

Chant :             Seigneur, ne nous traite pas selon nos péchés
                        Seigneur, ne nous juge pas selon nos offenses,
                        Que descende sur nous ta miséricorde.

Dieu notre Père, devant Jésus courbé à terre, nous te prions pour tous les grands malades et les agonisants. Rassure-les à l'approche de la mort.

 

me station            JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

        Sans doute, Marie, te souviens-tu, et tu peines aujourd'hui à comprendre. L'envoyé de Dieu, il y a trente ans, ne t'avait-il pas annoncé, à propos de cet homme, ton fils :
        "Il sera grand, et sera appelé fils du Très-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; Il régnera pour toujours sur la famille de Jacob, et son règne n'aura pas de fin."   ( Luc 1, 32-33 )

Prière :     Dans la nuit de la foi, Marie, tu redis ton Oui : "Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu l'as dit".
                Dans les nuits de notre foi, dans les combats de nos vies, quand semblent l'emporter les forces de mort, mets dans nos cours l'amour qui t'unit à ton fils !

Chant : En toi, Seigneur, mon espérance !

Prions pour ceux qui se révoltent contre Dieu face à la mort d'un être cher.

 

5ème station            SIMON AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

        Au dernier jour, les justes demanderont à Jésus : "Quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir ? Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi ?"
        Et le roi leur répondra : "En vérité, je vous le déclare : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait".( Mt 25, 37-40 )

Prière :      Aujourd'hui, c'est un peu de ta croix que nous portons, nous aussi, Jésus. quand nous nous montrons proches ou solidaires de ceux qui souffrent, des plus humbles, des plus solitaires, des plus exclus.
                Apprends-nous à te reconnaître, et à mettre nos moyens, même les plus modestes, au service de ceux qui ploient sous le fardeau.

Chant :             Vous prenez les péchés du monde,
                        Sur la Croix vous vous immolez,
                        Lavez-nous dans votre sang, ô Jésus,
                        Lavez-nous dans votre sang !
                        Donnez-nous la paix !

Prions pour ceux qui sont dans l'épreuve et la souffrance. Que Dieu nous montre comment les aider !

 

6ème station            VÉRONIQUE ESSUIE LA FACE DE JÉSUS

        "Qui croit en moi, ce n'est pas en moi qu'il croit, mais en Celui qui m'a envoyé, et celui qui me voit voit Celui qui m'a envoyé.
        Moi, je suis la lumière, je suis venu dans le monde afin que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres".  ( Jn 12, 44-46 )

Prière :     Heureux celui qui reconnaît le Père en te reconnaissant !
                Heureux celui qui te reconnaît en reconnaissant l'extraordinaire dignité de ceux que la vie a le plus blessés !
                Heureux celui en qui on reconnaît ton visage, et l'amour de ton Père !

Chant :         Je cherche le visage, le visage du Seigneur,
                   Je cherche son image, tout au fond de vos cours.

Prions pour les infirmières, pour les gardes-malades et les médecins, pour tous ceux qui veillent auprès de leurs frères souffrants.

 

7ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS

        "Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, et puis encore un peu de temps et vous me verrez. En vérité, en vérité, je vous le dis, vous allez gémir et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira; vous serez affligés, mais votre affliction tournera en joie.
        Lorsque la femme enfante, elle est dans l'affliction, puisque son heure est venue; mais lorsqu'elle a donné le jour à l'enfant, elle ne se souvient plus de son accablement; elle est toute à la joie d'avoir mis un homme au monde.

Prière :      Face à toutes les chutes et à toutes les rechutes de nos existences, celles de la maladie, du chômage, de nos conflits familiaux, de nos rancoeurs et de nos nostalgies.
                Face à toutes les chutes et à toutes les rechutes de notre humanité, celles des guerres, de la barbarie, du terrorisme, de tous les extrémismes.
                Face à tout ce qui écrase l'homme. Jésus, donne-nous le courage de l'espérance, au cour de tous nos désespoirs humains !

Chant :         Tu es le pauvre, Seigneur Jésus;
                    En toi la vie éternelle de Dieu.

Que Dieu nous donne ardeur et foi pour travailler à la réconciliation, à la justice et à la paix entre tous les hommes.

 

8ème station    JÉSUS CONSOLE DES FEMMES DE JÉRUSALEM

        "Mes brebis écoutent ma voix et je les connais, et elles viennent à ma suite. Et moi je leur donne la vie éternelle; elles ne périront jamais, et personne ne pourra les arracher de ma main.
        Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et nul n'a le pouvoir d'arracher quelque chose de la main du Père. Moi et le Père, nous sommes un."    ( Jn 10, 27-30

Prière :      Tu n'es pas venu, Jésus, pour nous expliquer tous les "Comment ?" et les "Pourquoi ?" de la souffrance et de la mort.
                Tu traverses au contraire la souffrance la plus injustifiée : celle de l'Innocent, celle de tous les innocents du monde.
                Au cour de nos souffrances, c'est un passage que tu ouvres, avec toute la force du "Oui" qui jaillit de ton cour ouvert !

Chant :         Trouver dans ma vie ta présence,
                    Tenir une lampe allumée.
                    Choisir avec toi la confiance,
                    Aimer et se savoir aimé.

Prions pour toutes les victimes du sida, et tous les grands malades qui souffrent sans espoir de guérison.

 

9ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

        Avant son arrestation à Gethsémani, Jésus s'éloigna de ses disciples une deuxième fois et pria, en disant : "Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté se réalise !"
        Puis, de nouveau, il vint et les trouva en train de dormir, car leur yeux étaient appesantis. Il les laissa; il s'éloigna de nouveau, et pria pour la troisième fois, en répétant ces mêmes paroles.

Prière :      Je le sais, Seigneur, et je le sais davantage quand vient l'épreuve : le disciple n'est pas au-dessus du Maître !
                Avec toi, donne-moi de me tourner vers ton Père, mon Père !
                Peut-être entendrai-je alors ce qui a émerveillé ton apôtre Paul : "Ma grâce te suffit; ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse".

Chant :         Peuple de frères, peuple du partage,
                   Porte l'Évangile et la paix de Dieu.

Prions pour ceux qui sont rejetés ou abandonnés de leurs proches, pour ceux dont personne ne s'occupe dans leur temps de détresse.

 

10ème station           JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

        "Comportez-vous ainsi entre vous, comme on le fait en Jésus-Christ :    Lui, qui est de condition divine, n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu. Mais il s'est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et, par son aspect, il était reconnu comme un homme; il s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, à la mort sur une croix.      ( Philippiens 2, 5-8 )

Prière :      Jésus, ils croient te dépouiller, toi qui avais déjà accepté de te dépouiller en prenant la condition de serviteur !
                Quand les hommes croient dépouiller un autre homme de son travail, de son logement, de sa patrie, de ses amis. donne-nous d'affirmer en ton Nom l'inaliénable dignité de celui dont, en te dépouillant, tu t'es fait le frère en humanité !

Chant : Dieu est Amour, Dieu est Lumière, Dieu notre Père

Prions pour toutes les victimes de la faim, de la pauvreté et de la misère.

 

11ème station                   JÉSUS EST MIS EN CROIX

        Jésus dit aux deux disciples : "Quels sont ces propos que vous échangiez en marchant ?" Alors ils s'arrêtèrent, l'air sombre. L'un d'eux, nommé Cléophas, lui répondit : "Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n'ait pas appris ce qui s'y est passé ces jours-ci !" -"Quoi donc, leur dit-il ?"
        Ils répondirent : "Ce qui concerne Jésus de Nazareth, qui fut un prophète puissant en action et en parole devant Dieu et devant tout le peuple : comment nos grands-prêtres et nos chefs l'ont livré pour être condamné à mort, et l'ont crucifié; et nous, nous espérions qu'il était celui qui allait délivrer Israël".

Prière :      Quand sont cloués, comme sur une croix, nos espoirs humains; lorsque l'échec nous semble irrémédiable, si l'horizon de la mort devient notre seule perspective, chemine avec nous, toi l'Inconnu dont la parole brûlait le cour des disciples sans espoir, un jour, entre Jérusalem et Emmaüs.
                Alors, en t'écoutant, en t'accueillant, toi le crucifié, nos croix humaines ne nous apparaîtront plus comme le dernier mot de notre horizon d'hommes !
                Reste avec nous. quand nous vivons l'inacceptable et l'insoutenable. Sois pour nous le Libérateur, toi l'Espérance de tous les désespérés !

Chant :         Mystère du calvaire, scandale de la croix

Prions pour les hommes qui ne trouvent plus de raison de vivre, et sont tentés par le suicide.

 

12ème station                   JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

        Près de la croix de Jésus, se tenaient debout sa mère, la sour de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie de Magdala. Voyant ainsi sa mère et, près d'elle, le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : "Femme, voici ton fils !" Il dit ensuite au disciple : "Voici ta mère !" Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
        Après quoi, sachant que dès lors tout était achevé, pour que l'Écriture soit accomplie jusqu'au bout, Jésus dit : "J'ai soif !"
        Il y avait là une cruche remplie de vinaigre, on fixa une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d'une branche d'hysope, et on l'approcha de sa bouche. Dès qu'il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "Tout est achevé !" et, inclinant la tête il remit l'esprit. (Jn 19,25s)

Prière :      Jésus l'avait annoncé : l'heure de sa glorification était proche?       Et cette heure, c'est celle de sa mort.
                A cette heure-là, Marie, tu es encore plus sa mère, et tu deviens la nôtre.
                Tourne nos visages, comme celui de Jean, vers la Source d'eau vive. Soutiens ceux qui fléchissent, comme tu as soutenu Jean, dans l'espérance qui te maintient debout.
                Apprends-nous à comprendre avec ta foi que, lorsque tout est achevé, tout est accompli, et peut naître de nouveau. Et quand viendra notre heure, sois encore plus notre mère : conduis-nous au Cour même de ton Fils !

Chant : O Croix dressée sur le monde

Prions pour ceux qui, aujourd'hui, passent par la mort. Qu'ils trouvent auprès de Dieu le pardon et la paix.

 

13ème station                   JÉSUS EST DÉTACHÉ DE LA CROIX

        Le dernier jour de la fête, qui est aussi le plus solennel, Jésus, debout, se mit à proclamer : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et que boive celui qui croit en moi. Comme l'a dit l'Écriture : "De son sein couleront des fleuves d'eau vive".
        Il désignait ainsi l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui : en effet, il n'y avait pas encore d'Esprit parce que Jésus n'avait pas été glorifié. ( Jn 7, 37-39 )

Prière :     C'est un corps sans vie que l'on détache. C'était d'un corps sans vie que, quelques instants auparavant, avaient jailli pourtant l'eau et le Sang.
                L'eau vive qui désaltère sans contrepartie les soifs de notre humanité. Le sang qui ouvre nos horizons humains à l'éternité du Dieu vivant. L'eau et le sang répandus sur les pécheurs jusqu'à la fin des temps.
                Sois sans crainte, Marie. Et toi, Homme, sois sans crainte : "Tu as trouvé grâce auprès de Dieu !"

Chant :         Victoire, tu régneras ! O croix, tu nous sauveras !

Prions avec foi pour ceux qui pleurent un être cher. Que Dieu leur donne une espérance plus forte que leur peine.

 

14ème station                   JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

        "Il en va comme d'un homme qui jette la semence en terre : qu'il dorme ou qu'il soit debout, la nuit et le jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D'elle-même la terre produit d'abord l'herbe, puis l'épi, enfin du blé plein l'épi.
        Et dès que le blé est mûr, on y met la faucille, car c'est le temps de la moissons." ( Mc 4, 26-29 )

Prière :     Quand tu guérissait les malades, nourrissait les foules, et parlais avec autorité, tes disciples avaient cru comprendre ce que tu avais solennellement annoncé : "Le temps est accompli et le Règne de Dieu est tout proche !"
                Quand tu es mis au tombeau, toi, semence jetée en terre, les disciples sont dispersés dans l'angoisse et la peur.
                Quand tu es mis au tombeau, quand tout est accompli, ils pourront un jour comprendre en vérité : le Règne de Dieu est parmi nous.
                Que ton Esprit nous donne, dans les passages difficiles de nos vies, d'ouvrir nos cours, jour après jour, à la vérité et au cour de ton Amour !

Chant :         Nous chantons la croix du Seigneur

Prions pour ceux qui sont ici et tous ceux qui n'ont pu venir. Que le Seigneur apporte à tous le réconfort de sa présence et de son amour.

Pour conclure :         JÉSUS EST VIVANT

        Marie de Magdala était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant, elle se penche vers le tombeau, et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis, à l'endroit même ou le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds.
        "Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu ?" Elle leur répondit : "On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l'a mis".
        Tout en parlant, elle se retourne et voit Jésus qui se tenait là.
        Marie de Magdala, croyant qu'elle avait affaire au gardien du jardin lui dit : "Seigneur, si c'est toi qui l'as enlevé, dis-moi où tu l'as mis et j'irai le prendre".
        Jésus lui dit : "Marie !"
        Elle se retourna et lui dit en Hébreu "Rabbouni", ce qui veut dire "Maître !"

Chant : Depuis l'aube où sur la terre nous t'avons revu debout

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CHEMIN DE CROIX
Les 14 stations commentées

1ère station            JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

        "Qu'as-tu fait ! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol ( Gn 4, 10 )

        La sentence est tombée. Le Christ est condamné à mort? Cela s'est passé il y a 2000 ans, mais depuis 2000 ans cela n'a cessé de se renouveler. A chaque crime commis, le sang d'un frère crie du sol vers Dieu - non pas vengeance -, mais sa détresse, sa douleur.
        Le sang, la sueur, les larmes des victimes n'en finissent pas de s'élever vers Dieu, comme ceux d'Abel, notre frère des origines, et ceux du Christ, notre Frère absolu.
        C'est pour laver le sang d'Abel, pour essuyer ses larmes, que le Christ est venu en ce monde, "mais le monde ne l'a pas reconnu".

        Mais nous, l'avons-nous vraiment reconnu, le Verbe fait Chair et Compassion, le Fils unique aimé du Père et infiniment aimant de ses frères humains ? Entendons-nous son cri de la Croix répercuté dans celui de tous les malheureux, les humiliés, les affamés ?

 

2ème station            JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

        "Or ce sont nos souffrances qu'il portait et nos douleurs dont il était chargé" ( Is. 53, 4 )

        Aussi lourd soit le poids de nos souffrances, il nous faut le porter, le porter en marchant. Si nous nous arrêtons, la fatigue et le découragement prendront le dessus; alors le mal aura gagné, nous serons réduits à une chair meurtrie qui ne peut ni ne veut plus penser, plus lutter, plus aimer. Et nous serons comme morts au monde, à nous-mêmes et à Dieu avant même d'avoir expiré.
        Le Christ incompris, trahi puis flagellé a transporté ses souffrances pieds nus à travers la ville, les a hissées au sommet d'une colline et, là, il les a soulevées, arrachées à la pesanteur et tendues vers le ciel, lancées dans l'immensité.

 

3ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

        "Touché à mort dans mes os, mes adversaires m'insultent en me redisant tout le jour : 'où est-il ton Dieu ?'" Ps 42,11

        Par millions et millions, au fil des siècles, et particulièrement au cours du dernier, des hommes sont tombés sous l'excès du malheur, et nul ne leur a porté secours. Tous sont des frères de celui qui chuta, et puis se releva pour ployer à nouveau, sur le chemin du Golgotha.

        Où était Dieu, où donc est-il quand saignent et pleurent ses enfants ?
        Cette question fait rire les bourreaux qui se croient, eux, des petits dieux, mais elle tourmente le juste et l'innocent accablés de douleurs et qui se veulent, eux, enfants de Dieu.

        Où est leur Père ? Existe-t-il ? Il est dans leurs larmes et dans leurs plaies, il les suit pas à pas, il crie dans leurs silences et tremble dans leurs cris, et il souffre comme eux, avec eux, en eux, de chaque parjure envers l'amour.

 

4ème station                    JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

        "Ne saviez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ?" (Lc 2, 49 )

        Combien de fois Marie aura-t-elle dû chercher son fils échappé de la maison ? Mais cette fois, pour leur dernière rencontre, ce n'est plus au Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi, qu'elle retrouve son enfant; c'est dans la rue, couvert de sang et de crachats, titubant sous l'instrument de son supplice imminent, parmi la foule huante et les soldats brutaux.

        Elle serait en droit de douter des promesses faites par l'ange de l'annonciation : est-là le Fils du Très-Haut destiné au trône de David ? Qui oserait, en cet instant, la dire bienheureuse, elle, la mère affligée de douleur ? Son fils va pourtant son chemin, il marche vers la Maison du Père...

 

5ème station                    SIMON AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

        "Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive" Mc 8,34

        Tout comme Marie ne devient pleinement, et à jamais bienheureuse qu'après avoir traversé l'épreuve de l'abandon, chacun de nous est appelé, s'il veut suivre le Christ, à s'oublier lui-même, ses intérêts immédiats. Et, pour commencer, à venir en aide à toute personne dans le manque, dans la peine, que cette personne nous soit proche ou étrangère, tel l'inconnu gisant au bord du chemin, frappé par les brigands, que soigne et sauve le Samaritain.

        Aimer autrui, c'est "descendre de sa monture", se pencher vers lui, lui ouvrir ses bras et son cour. La croix que nous avons à porter est souvent celle du prochain, comme Simon de Cyrène.

 

6ème station                    UNE FEMME ESSUIE LA FACE DE JÉSUS

        "Qui m'a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : 'Montre-moi le Père' ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?"

        Les disciples au mont Thabor ont vu le Christ transfiguré, irradiant; Moïse et Élie l'entouraient. Il était le miroir ardent de la Face invisible de Dieu.
        A l'heure de sa mort, son visage est défiguré, il ruisselle de sueur, de sang, ses vêtements sont souillés, deux brigands vont l'encadrer. Le changement est si violent, si extrême, que Jésus n'a même plus "figure humaine, son apparence n'est plus celle d'un homme".

        Et pourtant il demeure le miroir de Dieu, celui de la Face la plus secrète du Dieu de Miséricorde. Il représente tout autant ses frères humains faits "à l'image et à la ressemblance de Dieu".
        "Vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi et moi en vous", a dit Jésus à ses disciples, juste avant sa Passion.

 

7ème station                    JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS

        "Mais Pierre se mit à jurer avec force imprécations : "Je ne connais pas cet homme dont vous parlez".

        Même Pierre, le disciple fougueux, a cédé à la peur et s'est enfui à l'instant fatal. Puis il a pleuré et l'amour a réafflué dans son cour, et avec lui l'audace; alors il s'est élancé dans les pas de son Maître disparu.

        Nous pouvons tous faire des erreurs : il importe que nous prenions conscience, en profondeur, de notre faiblesse; que nous prenions mesure de notre égoïsme et de notre lâcheté afin de ne pas nous surestimer, et surtout de ne pas jeter trop vite la pierre à ceux qui se dérobent devant l'épreuve, ou de ne pas nous mépriser, nous renier nous-mêmes sans rémission quand nous avons manqué de cour ou de parole. Un repentir actif et un nouvel élan restent toujours possibles. 

 

8ème station                    JÉSUS CONSOLE DES FEMMES DE JÉRUSALEM

        "Heureux les affligés, car ils seront consolés".

        Elle est troublante, la consolation que Jésus adresse aux femmes pleurant le long du chemin du Calvaire : "Ne pleurez pas sur moi !, leur dit-il, pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !", et il leur annonce des jours de détresse.
        Dans la ligne des prophètes, Jésus n'a jamais enrobé ses propos de miel, n'a jamais rien promis à la légère, n'a jamais triché avec la nature humaine dont il connaissait la terrible complexité.

        Pour accéder à la source de la joie, il faut gravir la montagne d'ou elle coule : pour suivre Jésus, il faut aller jusqu'où il va.
        Quand André Chouraqui traduit le mot "heureux" qui scande les Béatitudes par l'injonction "En marche !" c'est cette dynamique, cet appel constant au devant de soi qu'il met en relief.

 

9ème station                    JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

        "Soyez donc patients, frères, jusqu'à l'avènement du Seigneur. Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu'aux pluies de la première et de l'arrière-saison".

        Oui, il est long, ardu, le chemin vers la joie et la délivrance et, souvent, on s'y blesse et s'y épuise. La nuit de l'épreuve, des deuils, peut durer des années, s'épaissir même au fil du temps. Et, cependant, il faut tenir, savoir attendre comme le laboureur, lutter comme Jacob au gué de Yabbocq, demeurer fidèle à sa foi jusqu'au fond du désastre comme Job, et être prêt à accueillir l'inespéré, jusqu'aux confins de son âge, comme Abraham et Sarah.

        Nul ne connaît "l'instant" de l'avènement, c'est pourquoi chacun est appelé à veiller avec l'endurance des Vierges sages, à s'aventurer dans une attente sans garde ni mesure, "confiante".

 

10ème station           JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

        "Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit lui-même, prenant la condition d'esclave." ( Ph 2, 6-7 )

        A l'opposé d'Adam qui s'est voulu l'égal de Dieu, mais sans fournir le moindre effort pour lui devenir semblable, se dresse le Christ qui, lui, de nature divine, s'est dépouillé de sa gloire et de sa puissance pour devenir en tous points semblable aux hommes, ses frères de sang, d'amour et de douleur. Sa vie entière s'est déroulée dans le renoncement au pouvoir, aux honneurs, aux richesses, depuis sa naissance dans la paille jusqu'à sa mort parmi les réprouvés.

        La nudité ne l'effraie pas alors qu'Adam en a eu honte et a tenté de la dissimuler, car son regard était faussé, enivré d'orgueil et d'envie. La nudité du Christ au Golgotha est celle de la Chair où resplendit le Verbe. C'est la communion de la Terre et du Ciel.

 

11ème station                   JÉSUS EST MIS EN CROIX

        "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font"

        Ceux qui commettent le mal, aussi rusés, déterminés qu'ils puissent être, ne savent pas vraiment ce qu'ils font : ils ne comprennent pas que toute atteinte à la fraternité est un péché contre l'Esprit.

        Le juste sent le mal, en sonde l'horreur et la hideur. Le criminel s'en amuse et en jouit car il ignore qu'en fait c'est lui qui en est le jouet. Il ne soupçonne rien des mystères du monde, de la splendeur secrète inscrite par Dieu dans le tréfonds du cour humain. Et ceux qui tuent au nom de Dieu sont encore plus in-intelligents, tragiquement ignorants.

 

12ème station           JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

        "Père, entre tes mains je remets mon esprit" Lc 23, 46

        Entre quelles autres mains remettre son esprit à l'heure d'accomplir le grand passage vers l'au-delà ? Certains pensent que leur esprit sera dissous dans le néant comme leur corps dans la terre. Beaucoup hésitent entre la crainte et l'espérance. Quelle balance formeront les mains de Dieu lorsqu'elles soupèseront notre âme ?  Sera-t-elle réglée par une justice implacable ou par la miséricorde ?

        Sainte Thérèse de Lisieux, dans une lettre à un jeune prêtre anxieux face au jugement divin, déclarait : "Il vous semble que participant à la justice, à la sainteté de Dieu, je ne pourrai comme sur la terre excuser vos fautes. Oubliez-vous que je participerai aussi à la miséricorde infinie du Seigneur ?"
        Mourir, c'est remettre son esprit, aussi fragile qu'un nouveau-né, entre les mains de Dieu.

 

13ème station           JÉSUS EST DÉTACHÉ DE LA CROIX

        "Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts"

         Marie prend dans ses bras le corps de son fils comme au jour de sa naissance. Tout est consommé de sa vie, seule règne la douleur pour toujours.

        Non, elle n'est pas à jamais cette douleur du deuil, car bientôt son enfant va renaître, comme il l'avait annoncé, et la vie, la vraie Vie, va se déployer et resplendir, éternelle. Le Christ est passé par "le chas de l'aiguille", il vient de pénétrer dans le Royaume, là où la mort s'abolit et où chacun de nous est invité à revêtir sa nudité de lumière. La mort n'a pas le dernier mot. L'enterrement n'est pas final : il introduit à un "en-cièlement". La vie est en expansion infinie.

 

14ème station           JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

        "Il s'en va, il s'en va en pleurant, il porte la semence. Il s'en vient, il s'en vient en chantant, il rapporte ses gerbes"

        La semence est enfouie dans la terre. Semence de feu qui va consumer la mort même jusqu'en ses racines les plus amères et transmuer, en secret, les ténèbres en clarté, les larmes en chant.Semence de vent qui va tout renverser et mettre en mouvement.

        L'avenir de la terre pensante est lié au retournement des forces de haine en forces de charité. C'est un tel retournement que provoque la descente au tombeau du Serviteur souffrant, du Fils de Dieu et Frère des hommes. Et, à ce prodigieux bouleversement nous sommes conviés à participer en toute conscience et vif désir.

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Le chemin de croix commenté de Jean-Paul II

 

        Nous sommes là pour nous rappeler et revivre les évènements de l'ultime étape du chemin terrestre du Fils de Dieu. Nous nous trouvons ici, convaincus que le chemin de croix du Fils de Dieu ne fut pas le simple fait de marcher vers le lieu de son supplice.

        Nous croyons que chaque pas du condamné, chacun de ses gestes et chacune de ses paroles, et aussi ce qu'ont vécu et accompli ceux qui ont pris part à ce drame, nous parlent continuellement. C'est aussi dans sa souffrance et dans sa mort que le Christ nous révèle la vérité sur Dieu et sur l'homme.

        Nous sommes là pour faire l'expérience,dans l'Esprit Saint, de l'amour que la croix du Christ cache en elle. Nous sommes là pour, toujours en vertu de cet amour, accepter notre propre croix, la prendre sur nos épaules, et marcher. Marcher tout au long de la vie, en imitant Celui qui "endura une croix, dont il méprisa l'infamie, et qui es assis désormais à la droite du trône de Dieu".

Brève pause en silence

Prions :        Seigneur Jésus-Christ, remplis nos cours de la lumière de ton Esprit. Qu'en te suivant sur ton ultime chemin, nous découvrions le prix de notre rédemption, et devenions digne de participer aux fruits de ta passion, de ta mort et de ta résurrection. R/ Amen.

1ère station                    JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

        "Es-tu le roi des Juifs ?"

        "Ma royauté ne vient pas de ce monde; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici". Pilate ajouta : "Alors, tu es roi ?" Jésus répondit : "C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix". Pilate répliqua : "Qu'est-ce que la vérité ?"

        Le drame de Pilate se cache dans la question : "Qu'est-ce que la vérité ?". C'était une tentative de se dérober à la voix de sa conscience. Il sait que Jésus n'a rien fait qui mérite la mort : "Reprenez-le et crucifiez-le vous mêmes; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation". Cependant, il va céder, non sans faire le geste lâche de se laver les mains : "Je ne suis pas responsable du sang de cet homme; cela vous regarde".

        Tout au long des siècles, le refus de la vérité a engendré souffrance et mort.
        Ce sont les innocents qui paient le prix de l'hypocrisie humaine. Les demi-mesures ne sont pas suffisantes. Il ne suffit pas non plus de "se laver les mains", de faire comme si on était responsable de rien.

Prière :
        O Christ, accorde-nous d'écouter la voix de notre conscience. Que le poids de la responsabilité pour la souffrance des innocents ne retombe pas sur nous et sur ceux qui viendront après nous.
        A toi, Jésus, juste Juge, l'honneur et la gloire pour les siècles sans fin. Amen.

 

2ème station                    JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

        La croix était un instrument de mort humiliant, réservé à la catégorie la plus basse des hommes. La crucifixion de Jésus est comme une clé qui ouvre aux hommes la porte des profondeurs du mystère de Dieu. Dieu aime "jusque-là". L'amour de Dieu est sans limites. Pour nous, il accepte la mort la plus humiliante.

        Cette vérité sur Dieu est révélée par la croix. Ne pouvait-elle pas se révéler d'une autre façon ? Peut-être que oui. Toutefois Dieu a choisi la croix. Le Père a choisi la croix pour son Fils, et le Fils l'a prise sur ses épaules, il l'a portée sur le calvaire, et sur elle il a offert sa vie.

        Sur la Croix il y a la souffrance, sur la Croix il y a le salut, sur la Croix il y a une leçon d'amour. La Croix est signe d'un amour sans limites.

Prière :
        O Christ, toi qui acceptes la croix de la main des hommes, pour en faire le signe de l'amour sauveur de Dieu pour l'homme, accorde-nous, ainsi qu'à tous les hommes de notre temps, la grâce de la foi en cet amour infini. A toi, Jésus, prêtre et victime, la louange et la gloire pour les siècles. R/ Amen.

 

3ème station                    JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

        "Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous".

        "Nous étions errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous" Is. 53, 6

        Jésus tombe sous la croix. Cela arrivera par trois fois sur un chemin relativement court. Il tombe d'épuisement. Au-delà, le prophète Isaïe nous révèle la vraie cause de cette croix qui de tout son poids l'écrase contre terre : "Dieu a pris sur lui nos péchés à nous tous". Ce sont les péchés qui ont écrasé contre terre le divin condamné.

        Le Christ péniblement se relève pour reprendre le chemin. Les soldats qui l'escortent cherchent à le stimuler par des cris et des coups. Après un moment le cortège repart.

        Jésus tombe et se relève. C'est dans ce geste que le Rédempteur du monde s'adresse, sans prononcer un mot, à tous ceux qui tombent. Il les exhortent à se relever.

        "Dans son corps, il a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris" (1 P 2, 24)

Prière :
        O Christ, toi qui es tombé sous le poids de nos fautes et qui t'es relevé pour notre justification, nous t'en prions, aide-nous, ainsi que tous ceux qui sont écrasés par le péché, à nous remettre debout et à reprendre le chemin.
        Donne-nous la force de l'Esprit, pour porter avec Toi la croix de notre faiblesse. A toi, Jésus, écrasé sous le poids de nos fautes, notre louange et notre amour pour les siècles. R/ Amen !

 

4ème station                    JÉSUS RENCONTRE SA MÈRE

        "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il règnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin ( Lc 1, 30-33 ).

        Marie revenait souvent sur ces paroles de l'Ange dans le secret de son cour. Quand, sur le chemin de la croix, elle rencontra son Fils, peut-être justement ces paroles lui revinrent-elles à l'esprit. Avec une force particulière. "Il règnera. et son règne n'aura pas de fin." avait dit le messager céleste.

        Maintenant, alors qu'elle voit son Fils, condamné à mort, porter la croix sur laquelle il devra mourir, elle pourrait se demander humainement parlant : comment donc ces paroles peuvent-elles se réaliser ? De quelle façon régnera-t-il sur la maison de David ? Et comment se pourra-t-il que son règne n'ait pas de fin ?

        Humainement parlant, ces questions peuvent se comprendre. Cependant Marie se souvient qu'alors, après avoir entendu l'annonce de l'ange, elle avait répondu "Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole".

        Parce qu'elle est mère, Marie souffre profondément. Toutefois, maintenant aussi elle répond comme elle avait répondu alors à l'Annonciation : "Que tout se passe pour moi selon ta parole". De cette façon, elle prend maternellement dans ses bras la croix avec le divin Condamné.

        Sur le chemin de la croix, Marie se manifeste comme Mère du Rédempteur du monde. "Vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est une douleur pareille à la douleur qui me tourmente". C'est la Mère des douleurs qui parle, la Servante qui obéit jusqu'au bout, la Mère du Rédempteur du monde. Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté !

Prière :
        O Marie, toi qui as parcouru le chemin de la croix avec ton Fils, déchirée de douleur dans ton cour de mère, mais te souvenant toujours de ton Fiat, intimement convaincue que Celui à qui rien n'est impossible saurait réaliser ses promesses, implore pour nous et pour tous les hommes des générations futures la grâce de l'abandon à l'amour de Dieu.
        Fais que, face à la souffrance, au refus, à l'épreuve, même prolongée et violente, nous ne doutions jamais de son amour.
        A Jésus, ton Fils, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

 

5ème station                    SIMON AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

        "Ils réquisitionnèrent Simon". Les soldats romains firent ainsi, craignant que le Condamné épuisé ne parvienne pas à porter la croix jusqu'au Golgotha. Porter la croix d'un condamné pouvait être considéré comme une offense à la dignité d'un homme libre. On peut imaginer que ne n'est qu'à contrecoeur que Simon prit la croix pour aider Jésus.

        Mais on peut voir cette scène aussi différemment. On peut y voir Jésus faisant don de sa croix à Simon, le rendant ainsi digne du salut. N'est-ce pas lui qui a dit : "Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi" ? Simon en est-il conscient ?

        L'évangéliste Marc identifie Simon de Cyrène comme étant le "père d'Alexandre et de Rufus". Si les fils de Simon de Cyrène étaient connus de la première communauté chrétienne, on peut penser que lui aussi, précisément tandis qu'il portait la croix, a été "touché par la grâce". Il passa librement de la contrainte à la disponibilité, comme s'il avait été intimement touché par ces paroles : "Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n'est pas digne de moi".

        Depuis lors, cet évangile parle à de nombreuses personnes appelées au cours de l'histoire à porter la croix avec Jésus.

Prière :
        O Christ, qui as conféré à Simon de Cyrène la dignité de porter ta croix, accueille tous les hommes et donne à chacun la grâce de la disponibilité.
        Fais que nous ne détournions pas notre regard de ceux qui sont accablés par la croix de la maladie, de la solitude, de la faim, de l'injustice. Fais que, portant les poids les uns des autres nous devenions des témoins véritablement crédibles de toi, qui vis et règnes pour les siècles des siècles.
        A toi, Jésus, splendeur de la gloire du Père, louange et gloire pour les siècles. Amen.

 

6ème station                    VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS

        Selon la tradition, sur le chemin du Calvaire, une femme se fraya un chemin parmi les soldats qui escortaient Jésus et, avec un voile, elle essuya la sueur et le sang du visage du Seigneur. Ce visage resta imprimé sur le voile. Le nom de "Véronique" que la tradition donne à cette femme veut dire "véritable icône"

        Suite à son action charitable, cette femme a pu se tenir à jamais devant le visage véritable du Christ. Le face à face avec Jésus est toujours transformant; ainsi cette femme a pu devenir la véritable icône du Christ.

        Le voile sur lequel reste imprimé le visage du Christ devient un message pour nous. Il dit en quelque sorte comment toute action bonne, tout geste de véritable amour envers le prochain porte des fruits durables dans la vie de celui qui l'accomplit : il est introduit dans une relation forte avec Jésus.

        Les actes d'amour ne passent pas. Tout geste de bonté, de compréhension, de service, laisse dans le cour de l'homme un signe indélébile, qui le rend toujours plus semblable à Celui qui "se dépouilla lui-même, en prenant la condition de serviteur".

Prière :
        Seigneur Jésus Christ, toi qui as accepté le geste d'amour désintéressé d'une femme et qui, en retour, as fait en sorte que les générations s'en souviennent, fais que nos actions, et celles de tous ceux qui viendront après nous, nous rendent semblables à Toi, et laissent au monde le reflet de ton amour infini. Toi qui n'est qu'Amour pour les siècles des siècles. Amen.

 

7ème station                    JÉSUS TOMBE UNE DEUXIÈME FOIS

        "Et moi, je suis un ver, pas un homme, raillé par les gens, rejeté par le peuple".

        Ces paroles du psaume viennent à l'esprit tandis que nous regardons Jésus qui, pour la deuxième fois, tombe sous la croix. Ses forces l'abandonnent toujours davantage. Mais, à grand peine, il se relève pour continuer son chemin.

        Plus encore que la première, cette deuxième chute nous exhorte à nous relever, à nous relever une nouvelle fois sur notre chemin de croix. Depuis vingt siècles, le Christ qui se relève rencontre l'homme qui tombe.

        Tout au long de ces deux millénaires, beaucoup en ont fait l'expérience : tomber ne signifie pas la fin du chemin. En rencontrant le Sauveur, ils se sont sentis rassurés par lui : "Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse". Ils se sont relevés, réconfortés, et ils ont transmis au monde la parole d'espérance qui jaillit de la croix.

Prière :
        Seigneur Jésus Christ, toi qui tombes sous le poids du péché de l'homme, et qui te relèves pour le prendre sur toi et l'effacer, donne-nous, à nous hommes faibles, la force de porter la croix de chaque jour, et de nous relever de nos chutes, pour transmettre aux générations qui viendront la Bonne Nouvelle de ta puissance salvatrice.
        A toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, la louange et la gloire pour les siècles. Amen.

 

8ème station                    JÉSUS CONSOLE LES FEMMES

        "Femmes de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi. Pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants".

        Ces paroles de Jésus aux femmes de Jérusalem qui pleuraient et exprimaient leur compassion pour le Condamné devaient être, sur le moment, certainement difficiles à comprendre. Elles contenaient une prophétie qui se réaliserait bientôt.

        Pleurez sur vous et vos enfants qui serez témoins de la destruction de Jérusalem, de cette Jérusalem qui "n'a pas reconnu le moment où Dieu la visitait".

        Si, tandis que nous suivons Jésus sur le chemin de la croix, s'éveille en nos cours la compassion pour sa souffrance, pour notre génération, plutôt que de pleurer sur le Christ martyrisé, c'est l'heure de "reconnaître le temps où elle est visitée". "C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut".

        A chacun de nous, le Christ adresse ces paroles de l'Apocalypse : "Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Le vainqueur, je le ferai siéger près de moi sur mon Trône, comme moi-même, après ma victoire, je suis allé siéger près de mon père sur son Trône".

Prière :
        O Christ, toi qui es venu en ce monde pour visiter tous ceux qui attendent le salut, fais que notre génération reconnaisse le temps où elle est visitée et qu'elle ait part aux fruits de la Rédemption.
        Ne permets pas qu'il faille pleurer sur nous et sur les hommes du nouveau siècle parce que nous avons repoussé la main du Père miséricordieux.
        A toi, Jésus, né de la Vierge Fille de Sion, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

 

9ème station                    JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

        Voilà de nouveau le Christ tombé à terre sous le poids de la croix. Saint Paul écrit : "Lui qui était dans la condition de Dieu, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla en prenant la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes, et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix".

        Jésus avait dit à ses disciples qu'il était venu non pour être servi mais pour servir. En s'abaissant jusqu'à terre pour leur laver les pieds, il avait voulu les habituer à cette humiliation de sa personne.

        Ce condamné, qui succombe sous le poids de la croix tout près du lieu de son supplice, nous dit : "Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie". "Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie".

Prière :
        Seigneur Jésus Christ, par ton humiliation sous la croix, tu as révélé au monde le prix de sa rédemption.
        Donne aux hommes du troisième millénaire la lumière de la foi; qu'en reconnaissant en toi le Serviteur souffrant de Dieu et de l'homme, ils aient le courage de suivre le même chemin qui, par la croix et le dépouillement, conduit à la vie éternelle.
        A toi, Jésus, soutien de notre faiblesse, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

 

10ème station           JÉSUS ABREUVÉ DE VINAIGRE ET DE FIEL

        Matthieu nous dit : "Il en goûta, mais ne voulut pas boire".

        Il ne veut pas de calmants, qui auraient obscurci sa conscience durant l'agonie. Il voulait agoniser sur la croix en toute conscience, en accomplissant la mission reçue de son Père.

        Les soldats chargés de clouer les condamnés sur la croix cherchaient à diminuer leur sensibilité et leur conscience. Dans le cas du Christ, il ne pouvait en être ainsi. Sa mort en croix devait être un sacrifice d'expiation. C'est pourquoi il veut garder sa conscience éveillée jusqu'à la fin. Sans cela il n'aurait pas pu, de façon totalement libre, accepter la pleine mesure de sa souffrance.

        Conscience et liberté sont les caractéristiques d'un agir pleinement humain. Il faut se refuser à tout ce qui pourrait affaiblir la volonté en obscurcissant la conscience.

        La vie, mais aussi une mort consciemment accueillie ont toute leur valeur. Si l'on doit atténuer les souffrances, il faut veiller à ne pas "endormir" la conscience, garder à l'esprit ce que l'on vit.

Prière :
        Seigneur Jésus, avec un entier dévouement, tu as accepté de mourir sur la croix pour nous sauver. Fais que nous ayons part, ainsi que tous les hommes du monde, à ton sacrifice sur la croix. Que notre existence, comme nos actions, expriment notre participation, libre et consciente, à ton ouvre de salut.
        A toi, Jésus, Prêtre et Victime, honneur et gloire pour les siècles. Amen.
 

11ème station           JÉSUS EST CLOUÉ SUR LA CROIX

        Les coups des bourreaux écrasent les pieds et les mains du Condamné sur le bois de la croix. Dans le creux des mains, les clous sont fixés avec violence. Quand les bourreaux dresseront la croix, alors commencera une agonie qui durera trois heures. Il faut que s'accomplisse la parole : "Moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes".

        Qu'est-ce qui attire chez ce condamné qui est cloué à la croix ? Il est certain que l'image d'une souffrance aussi intense éveille la compassion. Mais la compassion ne suffit pas pour inciter à lier sa vie à celui qui est cloué à la Croix.

        Comment expliquer que, de génération en génération, cette terrible vision ait pu attirer des foules innombrables de personnes qui ont fait de la croix la caractéristique de leur foi ? D'hommes et de femmes qui, au cours des siècles, ont vécu et donné leur vie en regardant ce signe ?

        Du haut de la croix, le Christ attire par la puissance de l'amour, de l'Amour divin, qui ne s'est pas soustrait au don total de soi; de l'Amour sans limites, qui a comblé tous les manques d'amour, et qui a permis à l'homme de se réfugier à nouveau dans les bras du Père miséricordieux.
        A l'ombre de la croix, "vivons dans l'amour comme le Christ nous a aimés"

Prière :
        Christ élevé, Amour crucifié, remplis nos cours de ton amour.
        Que nous reconnaissions dans ta croix le signe de notre rédemption. Qu'attirés par tes blessures acceptées par amour pour nous, nous vivions et mourions avec toi, qui règnes avec le Père et le Saint Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen

 

12ème station           JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

        "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font".

        Au plus vif de la Passion, le Christ n'oublie pas l'homme, et en particulier il n'oublie pas ceux qui sont la cause directe de sa souffrance. Il sait que l'homme, plus que toute autre créature, a besoin d'amour, qu'il a besoin de la miséricorde qui, en cet instant, se répand sur le monde.

        "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne". "Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis" répond Jésus à la demande du malfaiteur suspendu à sa droite. La promesse d'une nouvelle vie. Tel est le premier effet de la passion et de la mort imminente du Christ. Une parole d'espérance pour l'homme.

        Au pied de la croix se tenait sa Mère, et près d'elle le disciple, Jean l'Évangéliste. Jésus dit : "Femme, voici ton fils !" et au disciple : "Voici ta mère !". "Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui". En mourant, Jésus veut que l'amour maternel de Marie embrasse tous ceux pour qui il donne sa vie, l'humanité entière.

        Dans les derniers instants de sa vie sur la terre, Jésus se tourne vers son Père. La mission pour laquelle il est venu sur la terre a atteint son but. Le reste appartient au Père : "Père, entre tes mains je remets mon esprit". Ayant dit cela, il expira.

Prière :
        Seigneur Jésus Christ, au moment de l'agonie, tu n'es pas resté indifférent au sort de l'homme. Dans ton dernier souffle, tu as confié avec amour à la miséricorde du Père les hommes et les femmes de tous les temps, avec leurs faiblesses et leurs péchés.
        Remplis-nous, nous-mêmes et les générations futures, de ton Esprit d'amour : que notre indifférence ne rende pas vaine en nous les fruits de ta mort.
        A toi, Jésus crucifié, sagesse et puissance de Dieu, honneur et gloire pour les siècles éternels. Amen.

 

13ème station           JÉSUS EST DESCENDU DE LA CROIX

        On a remis entre les mains de la Mère le corps sans vie de son Fils. Les Évangiles ne disent pas ce qu'elle a éprouvé en cet instant. C'est comme si les Évangélistes, par ce silence, voulaient respecter sa douleur, ses sentiments et ses souvenirs. Ou simplement comme s'ils ne s'estimaient pas capables de les exprimer.

        Le lien étroit d'amour entre la mère et son Fils doit se transformer en une union qui dépasse les frontières de la vie et de la mort. En Marie, les hommes apprennent que l'amour ne se dérobe pas devant la souffrance : il s'abandonne avec confiance à la tendresse de Dieu, à qui rien n'est impossible.

Prière :
        Marie, obtiens-nous la grâce de la foi, de l'espérance et de la charité; que, comme toi, nous sachions nous aussi persévérer au pied de la croix jusqu'à notre dernier souffle.
        A ton Fils, Jésus, notre Sauveur, avec le Père et avec l'Esprit Saint, tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 

14ème station           JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

        Le corps sans vie du Christ a été déposé dans le tombeau.
        "Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit".

        Très vite, ce tombeau deviendra la première annonce d'exaltation du Fils de Dieu dans la gloire du Père. "Il a été crucifié, est mort et a été enseveli... le troisième jour est ressuscité des morts".

        Les femmes se donnent rendez-vous le lendemain matin après le sabbat, pour oindre le corps du Christ avec des aromates; les disciples se rassemblent, en se cachant au Cénacle, jusqu'à ce que le sabbat soit passé. Cette veillée s'achèvera avec la rencontre près du tombeau, le tombeau vide du Sauveur.

        La pierre roulée, l'intérieur vide, les bandelettes à terre, voilà ce que verra Jean, arrivé au tombeau avec Pierre : "Il vit et il crut". Et avec lui l'Église crut, elle qui, depuis ce moment là, ne se lasse pas de transmettre au monde cette vérité fondamentale de sa foi : "Le Christ est ressuscité d'entre les morts, pou être parmi les morts le premier ressuscité".

        Le tombeau vide est le signe de la victoire définitive de la vérité sur le mensonge, du bien sur le mal, de la miséricorde sur le péché, de la vie sur la mort.

Prière :
        Seigneur Jésus Christ, dans la puissance de l'Esprit Saint, tu as été conduit par le Père, des ténèbres de la mort à la lumière d'une vie nouvelle dans la gloire.
        Que le signe du tombeau vide nous parle, à nous et aux générations futures, qu'il devienne source de foi vive, de charité généreuse et de ferme espérance.
        A toi, Jésus, présence cachée et victorieuse dans l'histoire du monde, honneur et gloire pour les siècles. Amen.

 

Conclusion

        Sur la route du retour vers leur village, le Christ s'approche comme un pèlerin inconnu, des deux disciples en route vers Emmaüs. Ils s'empressent de lui raconter "ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple", et comment les chefs des prêtres et les dirigeants l'ont livré pour le faire condamner à mort, puis l'ont crucifié. Et ils concluent avec tristesse : "Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël !"

        "Nous qui espérions." Les disciples sont découragés et abattus. Pour nous aussi, il est difficile de comprendre pourquoi la voie du salut doit passer à travers la souffrance et la mort.
        Jésus leur répondra : "Ne fallait-il pas que le Messie souffrit tout cela pour entrer dans sa gloire ?"

        En effet, qui plus que le divin Condamné, peut comprendre pleinement la peine de celui qui subit des condamnations injustes ?
        Qui, plus que le Roi bafoué et humilié, peut répondre aux attentes de tant d'hommes et de femmes sans espérance et sans dignité ?
        Qui, plus que le Fils de Dieu crucifié, peut comprendre la souffrance et la solitude de tant de vies brisées et sans avenir ?

        Ouvrons notre cour au Christ !

        Accueillons-le comme compagnon de route. Il saura nous écouter et nous réconforter. Il saura se faire notre guide pour nous conduire, tout au long des sentiers de la vie, vers la maison du Père.

        C'est à la fraction du pain que les yeux des disciples d'Emmaüs s'ouvrirent et qu'ils reconnurent Jésus, et que leur vie en fut totalement bouleversée, renouvelée; qu'ils devinrent d'autres hommes, habités d'une flamme intérieure.

        Puissent également les hommes d'aujourd'hui reconnaître dans le mystère de l'Eucharistie, à la fraction du pain, la présence de leur Sauveur !

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CHEMIN DE CROIX
avec Jésus

1ère station            JÉSUS EST CONDAMNÉ À MORT

"Lequel voulez-vous que je relâche : Barabbas ou Jésus qu'on appelle Christ ?"
Ils dirent : "Barabbas", ( or Barabbas était un brigand. )
        Pilate leur relâcha donc Barabbas.
Quant à Jésus, après l'avoir fait flageller, il le livra pour être crucifié.        Mt 27, 17

On condamne un innocent, on condamne le Juste.
Lui qui était venu nous révéler l'amour de Dieu,
        le voilà livré et condamné à mort !
Il est mis au rang des assassins et des brigands.
Sa conduite et ses paroles dérangeaient les bien-pensants.
Lui qui venait apporter la Vie, on veut sa mort !

Prière

Seigneur, aujourd'hui encore, des innocents sont condamnés.
Il nous arrive, à nous aussi,
        par nos paroles, nos comportements, nos regards,
        de condamner des  de ta passion,
        toi, le Juste, tu as porté ces condamnations injustes.
C'est pourquoi nous mettons dans tes bras ouverts sur la Croix,
        - ces bras ouverts au monde entier -
        toutes les souffrances des condamnés :
                tous les innocents que l'on tue avant même leur naissance,
                tous les innocents que l'on maltraite,
                ces enfants que l'on exploite.

2ème station            JÉSUS EST CHARGÉ DE SA CROIX

        Quand ils se furent moqués de lui,
ils lui ôtèrent son manteau, lui remirent ses vêtements
et l'emmenèrent pour le crucifier.      Mt 27, 31

Il y en a à qui l'on charge la croix sur le dos.Ils ne l'ont pas cherchée !
Jésus non plus ne l'a pas cherchée.
Ne fallait-il pas que le Fils de l'homme aille jusqu'à la mort
        pour le pardon des péchés ?

Prière

Seigneur, nous pensons à ceux qui sont chargés de croix appelées
        maladie, handicap, guerre, violence, injustice, faim,
        ou encore "être sans abri".
Toi qui n'avais pas de pierre où reposer la tête,
        toutes ces croix d'aujourd'hui,
        tu les as déjà portées en prenant ta croix.
Tu les as prises en charge.
Seigneur, nous te confions ceux qui portent douloureusement leur croix
        et qui ne parviennent pas à dire "oui".
Viens au secours de leur faiblesse,
        montre-nous ton amour et guéris-les.

 

3ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA PREMIÈRE FOIS

Il sortit, portant sa croix, et vint au lieu dit du Crâne,
        ce qui se dit en Hébreu "Golgotha".     Jn 19, 17

La route est longue,
La route est dure vers le Golgotha.
La croix est lourde, les pavés inégaux.Jésus tombe.
Il s'affale de tout son long.

Prière

Seigneur, par cette chute,
        tu as voulu prendre sur toi toute la faiblesse humaine
        et particulièrement nos premières chutes,
ces péchés que nous aurions cru ne jamais commettre ;
ces tentations auxquelles, par orgueil peut-être,
        nous avons cru pouvoir résister,
        mais auxquelles nous avons succombé.
Tu les portes douloureusement.
Par le mystère de ta première chute,
        nous te prions de venir guérir les cours blessés.
Viens raffermir les genoux qui chancellent.

 

4ème station            JÉSUS RENCONTRE MARIE, SA MÈRE

Un glaive te transpercera le cour.              Lc 2, 35

Sur le chemin de douleurs,
        mais aussi de salut pour nous,
se trouvait Marie, la Mère de Jésus.
Dans cette rencontre, elle redit une fois encore son "oui",
        le "oui" de l'annonciation.
Elle veut le redire, l'assumer jusqu'au bout,
        dans le silence, dans la fidélité.
Le vieillard Siméon le lui avait prédit :
        elle souffre dans son cour, elle souffre en silence.
Cette communion intime et profonde,
        c'est la rencontre de deux cours blessés par la misère humaine,
        la rencontre de deux regards,
        la rencontre d'un même amour qui se donne,
        la rencontre d'un même amour qui se livre.

Prière

Dans la grâce de cette rencontre, nous te confions, Seigneur,
        toutes les mamans qui, un jour, ont dit "oui"
        et qui veulent, comme Marie,
        aller jusqu'au bout, dans le silence, dans la fidélité.
Avec les mamans, nous te confions les papas.
Que leur "oui" soit également un "oui" fidèle.
Mets sur la route des papas et des mamans,
        mets sur la route de nos familles parfois déchirées
                Marie.
Qu'elle soit notre modèle, notre intercesseur.

 

5ème station            SIMON DE CYRÈNE AIDE JÉSUS À PORTER SA CROIX

        Les soldats réquisitionnèrent, pour porter la croix de Jésus,
un certain Simon de Cyrène, le père d'Alexandre et de Rufus,
qui passait par là, revenant des champs.                Mc 15, 21

Il rentrait du travail aux champs.
On l'a réquisitionné pour porter le bois du supplice.
Sans doute n'a-t-il pas eu le choix !
Peut-être n'était-ce pas de bon cour !
Aujourd'hui encore, il y a des gens réquisitionnés,
        qui n'ont pas choisi, qui sont obligés de porter de lourdes croix.
Nous pensons aux parents
        qui ont la responsabilité d'un enfant handicapé ;
aux enfants qui ont la charge de leurs vieux parents.

Prière

Seigneur, aide-les à comprendre que
        ces croix, tu les as portées avant eux, pour eux ;
mais aussi, qu'être réquisitionné, porter la croix à ta suite,
        peut être source de grâces.
Tu l'as dit, Seigneur : "Celui qui veut être mon disciple,
        qu'il prenne sa croix et qu'il me suive."
Fais de chacun de nous des Simon de Cyrène.

 

6ème station            VÉRONIQUE ESSUIE LE VISAGE DE JÉSUS

        Objet de mépris, abandonné des hommes,
homme de douleurs, familier de la souffrance,
comme quelqu'un devant qui on se voile la face, méprisé,
nous n'en faisions aucun cas.           Is 53, 3

Au bord du chemin, quelques femmes.
L'une d'entre elles, Véronique, ose braver la foule
        et passe au-delà du cordon de soldats
        pour aller soulager cet homme défiguré par la souffrance.
Véronique prend le risque de se démarquer de la foule,
        elle brave l'injustice :
        elle essuie le visage où se mêlent la sueur et le sang.

Prière

Seigneur, il y a parmi nous tant de gens défigurés, torturés,
        des pauvres, des petits, des innocents
        défigurés par la souffrance ou la torture.
Mets sur leur route un cour compatissant. un frère, une sour qui,
        par un sourire, une parole, un geste, un regard,
        pourra essuyer l'une ou l'autre trace de cette souffrance.
Suscite parmi nous des Véronique,
        qui risquent pour les plus petits, les plus pauvres.
Nous te les confions, toutes ces Véronique d'aujourd'hui,
        tous ceux-là qui, inlassablement, vont au secours
        de ceux qui souffrent, de ceux qui sont dans la peine.
Nous te confions
        ceux qui osent prendre des risques pour défendre les plus petits.
Merci pour les Véronique que nous avons déjà rencontrées
        que nous rencontrerons sur nos routes.
Que nous puissions les suivre sur leur chemin.

 

7ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA DEUXIÈME FOIS

Maltraité, il s'humiliait, il n'ouvrait pas la bouche,
        comme l'agneau qui se laisse mener à l'abattoir.
Comme devant les tondeurs une brebis muette,  Il n'ouvrait pas la bouche.      Is 53, 7

Après la première chute, la première douloureuse chute,
        Jésus se relève et continue sa route, fidèlement.
Mais voici qu'une fois encore, les genoux chancèlent.
Jésus tombe à nouveau.

Prière

Seigneur, nous retombons nous aussi.
La persévérance dans la foi, la persévérance dans l'espérance,
        la persévérance dans la charité,
        la persévérance dans l'amour au quotidien,
        dans l'humilité, le service, l'obéissance, la prière.
cette persévérance qui consiste à aller jusqu'au bout,
        elle est bien difficile à vivre et nous tombons.
Nous te confions nos deuxièmes, nos troisièmes
        et nos quatrièmes chutes.
        et toutes nos chutes
par manque de persévérance, par manque de fidélité.

 

8ème station            JÉSUS CONSOLE LES FEMMES DE JÉRUSALEM

Une grande masse du peuple le suivait,
        ainsi que des femmes  qui se frappaient la poitrine
        et se lamentaient  sur lui.
Mais, se retournant vers elles, Jésus dit :
        "Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi !
Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants (.) car,
si l'on traite ainsi le bois vert, qu'adviendra-t-il du bois sec ?"   Lc 23, 27-28

Dans cette foule si diversifiée, des pleureuses.
Elles pleuraient, les femmes de Jérusalem !
        C'était peut-être leur métier.
Elles avaient l'habitude de suivre le cortège des condamnés.
Jésus leur pose une question :
        "Si le bois vert - le bois plein de vie - est ainsi traité,
        que fera-t-on du bois sec, du bois mort ?"
Où va notre monde si le bien est ainsi rejeté ?
Si l'innocent mérite la mort, que méritons-nous ?
Jésus invite les femmes, et nous aujourd'hui, à pleurer nos péchés.

Prière

Seigneur, il est plus facile de nous lamenter sur la dureté des temps
        que de regarder la dureté de notre cour.
Il est plus facile de pleurer sur le monde
        que de faire notre examen de conscience.
Ta passion nous invite à la conversion.
Aussi, nous t'en prions, que ta parole touche nos cours endurcis
        afin que nous entendions ton appel
        et qu'à notre tour, nous puissions consoler ceux qui pleurent.
Tu l'as dit : "Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés"   Mt 5,5

 

9ème station            JÉSUS TOMBE POUR LA TROISIÈME FOIS

Voici venir des jours où l'on dira : "Heureuses les femmes stériles,
        les entrailles qui n'ont pas enfanté et les seins qui n'ont pas nourri !"
Alors on se mettra à dire aux montagnes : "Tombez sur nous !"
        et aux collines : "Couvrez-nous."               Lc 23, 29-30

Se relever une fois. se relever deux fois.
Une troisième fois, Jésus se relève, sans jamais se décourager !
Il veut aller jusqu'à l'extrême de ses possibilités.
Il veut aller jusqu'au bout de l'amour.

Prière

Seigneur, à force de tomber,
        il nous arrive de ne plus avoir le courage
        de nous relever, d'aller jusqu'au bout.
Nous souhaitons parfois que les montagnes nous tombent dessus,
        que les collines nous couvrent.
Nous te confions tous ceux qui, aujourd'hui, ( et peut-être nous demain )
        sont au fond du désespoir,
        sont déprimés ou au bord du suicide
                parce qu'ils sont tombés bien bas,
                parce que tout semble les accabler,
                parce qu'ils n'ont plus d'espérance.
Aide-les à se relever !
Qu'ils trouvent sur leur route des Simon de Cyrène, des Véronique,
        pour les aider à reprendre la route.

 

10ème station           JÉSUS EST DÉPOUILLÉ DE SES VÊTEMENTS

Jésus disait :
        "Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font."
Puis, se partageant ses vêtements, ils les tirèrent au sort.    Lc 23, 34

A l'endroit de l'exécution, le condamné est mis à nu.
Les vêtements qui collent à la peau sont arrachés,
    rouvrant toutes les plaies.
Quant à la tunique, elle est tirée au sort.
Jésus est dépouillé du peu qui lui restait, du peu qu'il avait.

Prière

Seigneur, beaucoup de nos frères aujourd'hui, comme hier,
        sont dépouillés du peu qu'ils ont encore.
C'est terrible d'être mis à nu,
        que ce soit dans son corps ou dans son cour !
On leur arrache le droit d'exister, le droit au travail, le droit au respect,
        leur réputation, leur fierté légitime, leur intimité,
        leur dignité d'homme, de femme ou d'enfant,
                par le viol ou la pédophilie.
Des plaies parfois très vieilles sont mises à nu,
        sont rouvertes brutalement.
Nous te confions ces frères souffrants, Seigneur,
        et avec eux, ceux qui n'entendent jamais que des cris,
        qui n'assistent qu'à des scènes de violence,
ceux dont l'amour est trahi ou bafoué,
tous les écorchés vifs d'aujourd'hui
        qui ne trouvent personne pour les défendre, ni même compatir.

 

11ème station           JÉSUS EST CLOUÉ À LA CROIX

        Ils le crucifièrent et avec lui deux autres :
un de chaque côté et, au milieu, Jésus.           Jn 19,18

Suprême torture d'une époque : être cloué sur une croix,
        être pendu au gibet de la croix !
Après la flagellation et le couronnement d'épines,
        après le long chemin du calvaire,
Jésus étend les bras sur le bois de la croix.
Il va jusqu'au bout du don.
Voici son corps livré. pour le salut du monde.
Ses bras dessinent entre ciel et terre
        le signe indélébile de la Nouvelle Alliance.

Prière

Nous te prions, Seigneur, pour tous nos frères
        torturés, crucifiés, mis à mort à cause de leur foi.
Eux aussi, comme toi, "ils passaient en faisant le bien".
Ils n'ont pas été reconnus.
Eux aussi, tendent les bras dans un dernier geste d'amour.
Nous te prions :
        - pour les bons larrons d'aujourd'hui :
qu'ils reconnaissent ta royauté !
        - et pour les mauvais larrons :
qu'ils se laissent toucher par tant d'amour !
Que leur cour ne se ferme pas à tant de pardon !
Que le grain jeté en terre et qui va mourir porte beaucoup de fruits !

 

12ème station           JÉSUS MEURT SUR LA CROIX

Un temps de silence, de contemplation de "Celui qu'ils ont transpercé"

Jésus, voyant sa mère et, se tenant près d'elle, le disciple qu'il aimait,
Dit à sa mère : "Femme, voici ton Fils".
Puis il dit au disciple : "Voici ta mère".
Dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui.  ( Jn 19,26 )

Quand il eut prit le vinaigre, Jésus dit : "Tout est accompli".
Et, inclinant la tête, il remit l'esprit.       ( Jn 19,30 )

Juste avant sa mort, Jésus confie à sa mère
        - Jean, "le disciple qu'il aimait";
        - chacun de nous, les fils bien-aimés du Père;
        - son Église qu'il aime comme une épouse..

Prière

Seigneur, nous te confions :
        - tous ceux qui,
confrontés au problème de la souffrance et de la mort, désespèrent ;
        - tous ceux pour qui la mort est une fin
et non le commencement d'une autre vie.
Nous te confions les mourants et particulièrement ceux qui sont seuls,
        dans l'abandon, le dénuement, la misère physique ou spirituelle ;
Ceux pour qui la vie n'a été que vinaigre,
        également ceux que l'Église a abandonnés.
Sainte Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes,
        penche-toi sur tes enfants !
Veille sur chacun d'eux afin qu'aucun d'eux ne se perde !
Prie pour chacun de nous, pauvres pécheurs,
        maintenant et à l'heure de notre mort.

        "Désormais nul ne pourra dire : "Là où je suis, il n'est pas venu ; il n'est pas descendu assez bas pour me rencontrer". Car il n'y a ni déchéance ni abandon qu'il n'ait connu et dont il n'ait fait par sa présence le lieu privilégié de la proximité de Dieu. Oui, il fallait que lui, le Fils bien-aimé, mourût dans la nuit des grands délaissements, pour que sa résurrection fût vraiment la résurrection de tous. Jamais il ne fût si proche de l'homme. Jamais non plus aussi proche de Dieu. Jamais il n'a rendu Dieu si proche de l'homme"          Eloi Leclerc

 

13ème station           JÉSUS EST DESCENDU DE LA CROIX

        Après ces évènements, Joseph d'Arimathie,
qui était disciple de Jésus - mais en secret par peur des Juifs -
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Pilate le permit.
IIs vinrent donc et enlevèrent le corps.                        Jn 19,38

Jésus est descendu de la croix et remis dans les bras de sa mère.
Profonde est la douleur de la mère qui perd son fils unique
        et tellement chéri,
qui le perd à cause des fautes de ses fils adoptifs
        et chéris
que nous sommes.

Nous pensons à :
        - toutes les mamans dans les bras desquelles on dépose leur enfant
mort d'un accident ou d'une maladie ;
        - toutes les mamans qui voient leur enfant défiguré par la drogue,
le sida ou la violence sous toutes ses formes ;
        - toutes les mamans qui se désespèrent de voir leur enfant
mourir spirituellement.

Prière

Seigneur , nous te prions pour toutes les mamans au pied d'une croix.
Nous te confions également tous ceux qui assistent les mourants :
        les médecins, les infirmières, les aides-soignantes,
        les aumôniers de clinique, les visiteurs de malades,
        les responsables de soins palliatifs.
Mets dans leur cour beaucoup de compassion.
Marie, sois leur modèle de foi, de courage et d'amour.

 

14ème station           JÉSUS EST MIS AU TOMBEAU

        Il y avait un jardin au lieu où il avait été crucifié
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel personne n'avait encore été mis.
        A cause de la Préparation des juifs, comme le tombeau était proche,
c'est là qu'ils déposèrent Jésus....            Jn 19, 41

La seule chose dont nous sommes certains,
        c'est qu'un jour nous mourrons.
Tous, cependant ne sont pas certains d'avoir une sépulture digne.
Certains meurent sur des champs de bataille,
        d'autres sont enterrés comme des bêtes :
        la pierre est roulée, on ne parle plus d'eux....

Prière

Seigneur, nous te prions
        pour les hommes dont les corps seront abandonnés, là,
        sans une sépulture digne.
Nous te confions particulièrement
        tous les défunts pour lesquels on ne prie jamais.
Accueille-les dans ton paradis
        où il n'y a plus ni deuil, ni larmes, ni misère,
        mais la joie et la paix.

 

15ème station           LA RÉSURRECTION DE JÉSUS,
                                  ANNONCE DE NOTRE PROPRE RÉSURRECTION

Lorsqu'entra l'autre disciple arrivé le premier au tombeau,
        celui que Jésus aimait,
        il vit et il crut.
En effet, ils ne savaient pas encore que, d'après l'Écriture,
        il devait ressusciter d'entre les morts.                Jn 20, 8

Pour le chrétien, il y a une deuxième certitude :
        c'est que Jésus est ressuscité :
        la mort est vaincue, Jésus est vivant !
Et un jour, avec lui, nous ressusciterons.
Comme l'avait annoncé le prophète Isaïe :
A la suite de l'épreuve, il verra la lumière et sera comblé.
Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes
        en s'accablant lui-même de leurs fautes.
C'est pourquoi il aura  sa part parmi les multitudes.                   Isaïe 53, 11

        Saint Paul, à son tour affirme :
Il s'est fait obéissant jusqu'à la mort et la mort sur la croix.
C'est pourquoi Dieu l'a exalté
        et lui a donné un Nom qui est au-dessus de tous les noms,
afin qu'au Nom de Jésus, tout genou fléchisse,
        au ciel, sur terre et aux enfers,
et que toute langue proclame :
        Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père.         Ph 2, 8-11

Prière

Seigneur, avant que soit roulée la pierre,
        tu avais porté toutes nos misères, toutes nos souffrances.
Tu t'étais chargé de nos douleurs,
        tu avais porté le péché des multitudes.
Au matin de Pâques,
        le Père te glorifie pour ton amour et ta fidélité.
La mort est vaincue.

Tu es VIVANT !

Nous te confions aujourd'hui
        ceux qui n'ont pas d'espérance,
        ceux qui attendent un peu d'amour et qui n'en trouvent pas.
Seigneur, viens déchirer leur nuit,
        remplis leur silence par ta Parole.
Que tous puissent se réjouir, parce que Tu es vivant aujourd'hui.
Merci, Seigneur Jésus, de nous entraîner dans ta victoire.
Merci de faire de nous les témoins de ton amour.
Donne-nous en abondance ton Esprit Saint. AMEN !

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